Jipé a quelque chose. Mais il y a encore du travail...

BRUXELLES L'ambiance, mardi soir, au Cirque Royal, avant le spectacle de Jipé, Jean-Pascal, rappelait sans aucun doute celle de Forest National quelques minutes avant le show de la Star Academy. Ainsi, les cris stridents d'adolescentes venues là pour bien se marrer. Jipé avait à leur plaire, pas à les conquérir. C'est heureux. Il n'a pas encore les armes pour y arriver.

Pourtant, il est incontestable qu'il a quelque chose. Il n'est pas un grand chanteur. Dans tous les karaokés du pays, on en trouve des dizaines qui chantent mieux que lui. Mais au moins chante-t-il juste et, dans son métier, il n'est pas le seul à réussir sans des atouts extraordinaires. Il n'est sûrement pas non plus un danseur très doué. Il le sait, il fait avec et, même, il s'en amuse. Avec ses danseurs et ses danseuses, il entreprend un ballet où il remue un tout petit peu. Pas trop. Mais ça ne l'empêche pas de grimacer et de tirer la langue. C'est juste un gag.

Il n'est sûrement pas une bête de scène. Et ça, c'est son principal défaut. A travailler absolument. Car pour le reste, il a une personnalité et il tient la route. Il sait parler aux gens. Il sait les amuser. Et comme il est entouré de danseurs et de musiciens valables, en plus d'une scénographie originale avec des estrades et des escaliers, il est le centre d'un spectacle bien gentil. Rien à voir avec celui d'un Yannick Noah pour rester dans une catégorie comparable. Le spectacle est court et les enfants ou jeunes ados qui forment l'essentiel du public sont contents.

Même si Jipé, qui va quand même chanter deux fois L'agitateur et sa Chanson con, se choisit un répertoire fait essentiellement de reprises de Gainsbourg et de Dutronc. Y compris Les sucettes qui n'est pas vraiment de leur âge ou L'hôtesse de l'air qu'il chante habillé d'une jupe fendue et avec des talons hauts.

© La Dernière Heure 2003