Cléo n'est pas une petite nouvelle dans le paysage musical en Belgique. Active sur la scène belge depuis ses 18 ans, elle a collaboré avec pas mal de rappeurs francophones, dont Kery James sur l'album Mouhammad Alix. Elle a sorti début avril un nouvel EP, intitulé simplement Eponyme.

Chanteuse mais aussi auteure-compositrice, Cléo a débuté dans la musique par hasard, en commençant à chanter dans une chorale à Woluwe. "Je m'ennuyais, j'avais envie de faire quelque chose d'autre que d'aller à mes cours de coiffure qui était déjà extrêmement ennuyants." Voici comment l'ennui lui donne l'opportunité d'apprendre la musique. "Ca t'apprend à développer ton oreille, ça t'append les harmonies, l'écoute et l'équilibre donc c'était vraiment une bonne école."

Sa voix, puissante, pénétrante, elle l'a trouvée après plusieurs années de chant en anglais. "En général, quand on commence, on chante plus comme les artistes auxquelles on s'identifie. J'ai eu beaucoup de périodes : black music, puis un peu plus rap. Ca a été un long processus. Et j'ai trouvé ma voix quand j'ai commencé à chanter en français. Je fais une musique d'émotion et du coup, j'ai enlevé tous les effets de voix, toutes les fioritures dont je n'avais pas besoin et je suis arrivée à l'essentiel de mon timbre."

Dans Eponyme, Cléo est toutefois moins dans la démonstration vocale. Un choix artistique qui n'était pas forcément voulu lors de sa conception. "La démonstration vocale est peut-être moins présente parce que ce sont des choses plus directes, plus essentielles, peut-être plus en phase aussi, comme je fais déjà une musique qui est riche, musicale et compliquée pour le grand public."

La chanteuse accorde aussi une grande importance aux textes. Et même si le terme de chanteuse 'consciente' n'est pas celui qu'elle préfère, on ne peut retirer à sa plume un certain engagement. "Il y a tellement de choses qui me traversent en tant qu'hypersensible que je les transforme, je les jette dans la musique et ceux qui comprennent et qui le reçoivent, c'est mon plus grand bonheur." Dans Ma bouteille, elle évoque l'alcoolisme, dans Mr Lambda, l'ascenseur social, dans Le prix, le manque d'engagement de notre société. Pas engagée, mais pas creuse non plus.

Après des années difficiles en maison de disques, Cléo est aujourd'hui une artiste indépendante. Un choix difficile mais qui lui offre une liberté artistique totale. "Avec les sous que j'ai de côté, j'ai produit mon projet moi-même : les studios, les clips, les attachés de presse, les pochettes, les shootings photos. C'est ce qu'on appelle la liberté même si c'est beaucoup de risques. (...) Quelque part, je me sens beaucoup plus libre et beaucoup plus autonome et indépendante encore qu'avant."

Eponyme, de Cléo. Disponible sur toutes les plateformes de streaming.