Big City, le nouvel album de Zita Swoon


BRUXELLES Deux ans après avoir sorti A Song About a Girls , Stef Kamil Carlens et Zita Swoon sont de retour avec un album tout à fait cohérent. Big City respire la joie de vivre et manifeste le bonheur d'être un groupe. Car si l'ex-dEUS est toujours le porte-parole, la tête pensante et le moteur du combo , ce dernier album des Anversois met davantage en avant les composantes du groupe et ressort davantage coloré avec des choristes mises en avant. Comme si les nombreux concerts donnés par le groupe l'avaient nourri. Big City , un album où la joie de son auteur semble communicative.

"Moi, je ne suis vraiment pas un râleur , estime Stef Kamil Carlens. Je vois souvent plein de choses qui ne vont pas bien et j'ai envie d'écrire là-dessus mais, en contrepartie, je vois aussi qu'il y a plein de choses qui vont bien autour de moi et j'ai peut-être davantage envie de traduire ces choses-là en paroles. Personnellement, je me sens assez heureux. Le groupe tourne presque tout le temps, et c'est ce que je préfère faire. Je me sens bien même si c'est parfois fatigant. J'ai un chouette fils depuis cinq ans, il me rend très heureux et me donne une raison pour vivre."

Stef Kamil Carlens ne parle pas pour autant que de paternité, de fleurs et de petits oiseaux dans ses chansons. Il peut même parfois être engagé. Quand joie de vivre, réalisme et optimisme se conjuguent.

"Attention, je ne suis pas naïf. Quand je commence à être réaliste, j'écris de manière sombre. Je préfère donc être un peu naïf, de toute façon ce ne sont que des chansons. Je sors un disque car je pense apporter quelque chose. J'ai quelque chose à dire, des petites touches philosophiques à apporter, et je peux peut-être donner un petit éclairage à l'âme humaine mais ça reste de l' entertainment. Zita Swoon, c'est un groupe avec de la fantaisie. On est un groupe positif. Avec quelques chansons tristes. Je n'ai pas décidé de faire un disque qui fait sourire. On a fait le disque comme on se sentait. En live, on apporte quelque chose de bien, les gens sortent avec la banane et nous aussi. Nous l'avons enregistré en sortant de scène si bien qu'on a gardé cet esprit-là."

Un état d'esprit que l'on peut retrouver sur le DVD qui accompagne l'album.

En chantant en anglais et en français, le leader néerlandophone de Zita Swoon ne peut que réagir aux problèmes communautaires qui angoissent ce pays. "Beaucoup de politiciens ont une vision à court terme. Je ne vois pas comment un résultat positif de dix ans ou vingt est suffisant pour diviser le pays en deux. Ça peut tourner mal dans très peu de temps et peut-être qu'on aura vraiment besoin de l'autre partie du pays pour vivre. La Belgique est tellement petite, c'est vraiment stupide. Au lieu de voir la richesse des deux cultures et de moins se concentrer sur le fait qu'on parle différentes langues. Qu'est-ce qu'on s'en fout, c'est quelque chose que tu apprends et qu'après tu connais."

L'Anversois n'a pas hésité à faire appel à Miossec pour l'aider sur certains textes, lui qui avait fait les cuivres sur le dernier album du Français. "Miossec a été plus que charmant. Il nous a aidé sur Humble et sur Oser aimer. Pour m'aider, j'ai le net qui me donne des synonymes, des dictionnaires et mon père qui a enseigné le français. Je sais que parfois il y a des trucs pas tout à fait corrects mais parfois je décide de les laisser."


Zita Swoon, Big City (Chikaree/Bang !)



© La Dernière Heure 2007