Pour son seul passage cet été en Belgique, le Français Joseph d’Anvers a choisi le BSF.

"J’aime bien la Belgique, les gens sont cool, confie le natif de Nevers, mais qui a longtemps vécu à deux pas de la station d’Anvers à Paris, et fan de la belgitude (Deus, Ghinzu ou encore Benoît Mariage). Un pays intéressant, pas trop grand ni trop petit ou surpeuplé. Et comme le Belge a le vent en poupe depuis quelques années, je voulais que mon nom sonne belge."

Entre GrandGeorge et Boulevard des Airs (qui chantent Bruxelles, tiens !), Joseph d’Anvers performera ce jeudi au Brussels Summer Festival muni de sa guitare et de son harmonica. Après trois albums Atmosphériques (Les choses en face, Les jours sauvages et Rouge fer), le chanteur français publie son quatrième opus, Les matins blancs - via son propre label et le site de crowdfunding Kisskissbankbank (en 24 heures, le budget était bouclé, un record !) - qui sonne comme un nouveau départ pour l’interprète de Surexposé.

Habitué des collaborations, Joseph d’Anvers a suivi les conseils de ses parrains que sont Alain Bashung (pour qui il a écrit Tant de nuits), Daniel Darc (qui l’a empêché d’arrêter la musique et lui a offert Les cicatrices) ou encore Christophe Miossec (avec qui il chante La vie est une putain) et Dominique A (qui lui dédie le texte Tremble sur son dernier album). "J’assume cet héritage, j’ai aboli tous mes complexes, avoue celui qui a failli devenir footballeur suite à une lettre reçue par Guy Roux (Auxerre). Je les vois plus comme un parrainage. Ce qui donne confiance et valide quelque chose. Je n’ai jamais vendu 500 000 albums ou fais le stade de France mais je suis fier de mon parcours. Je passe d’ado fan du Boire de Miossec (NdlR, il prenait des cuites avec ses potes sur ses chansons quand il était gamin) à adulte qui bosse et boit des coups avec lui, c’est fou !"

Que lui a-t-il alors manqué pour faire le carton plein d’emblée ? "Des choses évidentes que je n’ai pas osé faire, admet celui qui écrit davantage au premier degré sur Les matins blancs. Je chante plus sur cet album par exemple. J’assume le fait de ressembler à quelqu’un aussi. On me dit que l’intro de Surexposé fait penser au Gaby de Bashung, c’est un clin d’œil inconscient. Et je préfère ça que One direction, Kendji Girac ou Christophe Maé (rires). Même si j’aimerais vendre autant de disques qu’eux mais juste pour avoir une liberté artistique. Ce n’est pas facile mais on n’est pas à l’abri du bonheur. Benjamin Biolay a explosé au 5e album, comme Philippe Katerine. Bashung et Gainsbourg, il a fallu 20 ans, je ne désespère donc pas (sourires)."

Entre un projet de film, l’idée d’un supergroupe avec Christophe et Dominique, trois autres albums en tête (électro, rock et chansons), une adaptation de ses morceaux en BD (entre 10 et 20 nouvelles par le Belge Dimitri Kennes, ancien patron de Dupuis Éditions), on n’a pas fini d’entendre parler de Joseph d’Anvers. "Tout ça s’est fait avec mes tripes dans une période très sombre et difficile de ma vie. Entre des amis qui se sont suicidés, des décès naturels, ma rupture du talon d’Achille ou encore quand j’ai scalpé ma cornée en faisant du Krav Maga (NdlR, technique de self-défense qui la rendu aveugle pendant une semaine), ça m’a forcé à écrire des choses plus personnelles. Je n’ai plus de temps à perdre."

Les matins blancs (LC Music) et Joseph d’Anvers sera à la salle de La Madeleine du BSF, ce jeudi, à 20h30.