Fin juillet, Kanye West annonce la sortie imminente de son nouvel opus : Donda. Comme souvent avec l’artiste américain, la date de parution est finalement reportée. Depuis, plus aucune nouvelle ne circule autour de cet opus. Cette semaine, le rappeur a pris la parole sur Twitter pour annoncer qu’aucune nouvelle musique ne sera dévoilée tant qu’il n’est pas libéré de ses contrats avec ses éditeurs de musique Sony et Universal. Il se compare par la même occasion à Moïse, déclare qu’il ne veut pas regarder son peuple devenir esclave et estime que l’industrie musicale rassemble à un “bateau négrier moderne”.

Depuis 2003, le label EMI (détenu par Sony) contrôle les droits des projets musicaux de Kanye West. Selon lui, il est “lié à vie” avec l’entreprise. Il avait déjà tenté l’année dernière de se retirer de ses contrats lors d’une grande bataille judiciaire. Un accord avait finalement été trouvé. Celui qui s’est lancé dans la course à la présidentielle américaine est loin d’être le premier à entrer en confrontation avec sa maison de disques.

Récemment, la relation entre Taylor Swift et son ancien label, Big Machine Records, avait fait les gros titres pendant des mois. En juin 2019, celui-ci est racheté par Scooter Braun, le manager de Justin Bieber, qu’elle accuse de harcèlement à son encontre. La chanteuse, désormais signée chez Republic Records, aurait voulu racheter les droits de ses six premiers disques. Pour redevenir propriétaire de ses chansons, celle-ci a décidé de réenregistrer l’entièreté de son catalogue, soit environ une centaine de titres.

Prince, aussi, a usé d’un tour de passe pour déjouer les codes de l’industrie. Dans les années 90, alors que Warner l’empêche de sortir trop de disques à la fois pour ne pas saturer le marché, il prend une décision simple mais au combien audacieuse. Il choisit d’abandonner son nom pour se désigner avec un symbole imprononçable, que l’on nommera plus tard par facilité “Love Symbol”. Il finit par récupérer son patronyme en 2000. Il sera aussi l’une des premières stars de son envergure à vendre sa musique en ligne ou à publier des albums gratuitement.

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Les Backstreet Boys, George Michael, Dr. Dre, Courtney Love ou encore John Fogerty ont tous été en justice face à leur maison de disques. Le monde de la musique est avant tout un business. Si certains artistes se sont parfois sentis pas assez mis en valeur, comme Michael Jackson, ou trop enfermé dans les termes des contrats, les maisons de disques aussi peuvent se retourner contre ses poulains. Ce fut le cas notamment pour Johnny Cash, lâché par son label après 26 ans de collaboration car celui-ci ne rapportait plus assez d’argent.

Pour détenir plus de liberté sur leur travail, certains musiciens préfèrent créer leur propre label. Le rappeur américain Big Sean, qui vient de sortir Detroit 2, a annoncé se lancer dans cette aventure la semaine dernière. Le succès de Chance The Rapper, qui est indépendant depuis le début de sa carrière, prouve que les artistes n’ont pas toujours besoin de grosses structures pour se faire un nom. Selon un récent rapport américain, les artistes indépendants auraient même généré plus de 2 milliards de dollars en 2020.