Premier album pour la comédienne belge Karin Clercq

BRUXELLES `Je viens de donner naissance à un petit Maxance. Mon album est sorti dans les bacs et j'ai fêté mes trente ans. Et tout ça, en l'espace de quelques heures!´
Karin Clercq n'a pas besoin de nous dire qu'elle est heureuse. Le bonheur se lit sur son visage. Il se traduit par des `à fond´ ou des `c'est génial´ qui accompagnent ses réponses. Il irradie son visage et donne encore davantage de charme à son sourire.

Dire que son rêve s'accomplit avec ce premier album mis en musique par Guillaume Jouan (guitariste et complice de Miossec sur ses trois premiers albums) serait mentir. Car cette Liégeoise n'a jamais rêvé d'être chanteuse. C'est peut-être pour cette raison que ce rôle lui va si bien.
`Dès l'âge de 6 ans, je me voyais comédienne. J'ai toujours travaillé dans ce but et j'ai réussi puisque c'est devenu mon métier. Maintenant, je me rends compte que chanteuse, ce n'est pas très éloigné du boulot de comédienne. J'interprète les morceaux comme si je jouais un rôle. J'adore me mettre dans la peau des personnages dont je raconte l'histoire. J'adore inventer des biographies... Quand on était en studio avec Guillaume, je parlais souvent à la troisième personne. Je disais: `sur ce morceau, elle devrait chanter de cette manière car il s'agit d'une histoire d'amour´.

Cet album, il s'intitule Femme X et abrite treize compositions. Femme X est le fruit d'une belle histoire. D'une histoire très simple...
`Quand j'avais 18 ans, j'avais repris une chanson de Léonard Cohen lors d'une soirée. Dans la salle, il y avait une fille qui est devenue réalisatrice. Voici deux ans, elle m'a retrouvé au Conservatoire de Liège et m'a proposé de faire un court-métrage dans lequel je devais chanter un morceau. Je suis partie à Rennes chez Guillaume Jouan pour enregistrer la chanson de ce court-métrage. Le film n'est jamais sorti mais j'ai pris du plaisir à travailler avec Guillaume. On s'est revu. On a fait 3, 4 et 5 morceaux. Quand on en a eu une quinzaine, on a envoyé les maquettes et puis, cet album est arrivé. Je ne dirais pas par hasard. Par passion certainement. Et puis, je dois bien l'avouer, parce que j'en ai eu de plus en plus envie.´

A l'écoute de Femme X, on est séduit par l'alchimie qui existe entre la voix de Karin, qui se plaît à faire trembler les frontières séparant le chant de la récitation, et les ambiances musicales posées par Guillaume. Le ton est mélancolique. Pour l'amateur de références, on évoquera des atmosphères proches de Dominique A ou des derniers albums de Françoise Hardy.
Pour les textes, force est de constater que ces récits de femmes aux vécus et aux destins divers n'ont pas de comparaison dans la chanson française féminine. Que ce soit Désir sur l'attente désespérée d'un amant qui ne viendra plus, Etranger sur le sujet difficile de l'enfance violée, La chanson d'Anna qui raconte le parcours d'une émigrée polonaise dont Karin avait lu le récit sur le Web, ou Femme X où elle chante `Etre personne, ça me dérange´, Karin fait preuve de beaucoup de maîtrise, de justesse et aussi d'une simplicité dans le choix des mots qui rendent ses propos encore plus touchants.
Karin nage en plein bonheur écrivons-nous. Et elle aurait tort de ne pas en profiter! Ces prochaines semaines, elle s'occupera de son bébé tout en pensant à la suite logique de cette aventure: les concerts. Ce sera pour septembre.

Karin Clercq, Femme X (PiaS).