Musique Depuis dix ans, Keen’V distille sa bonne humeur sur des albums qui virent tous au platine. Mais sur Thérapie, il tombe le masque et confesse le mal qui le ronge depuis l’enfance.

Cela fait dix ans que Keen’V fait la nique à ses détracteurs. "Au départ, les critiques disaient ‘Keen’V c’est cool, ça ne tiendra pas un été’. C’est assez marrant, non ? Ces gens étaient des voyants", s’amuse-t-il alors que vient de sortir Thérapie, son huitième album et s’apprête à monter sur la scène du Cirque Royal ce dimanche soir. À l’exception du tout premier, tous, sont devenus des disques de platine. Le nouveau ne devrait pas déroger à la règle même si la donne a changé. "Cet album est un peu différent des autres mais je n’ai pas changé. Je suis resté le même, précise le chanteur. J’expose une partie de moi que j’avais jusqu’à présent enfoui parce que je ne voulais pas en parler. Je n’aime pas parler de moi. Pour cet album, c’est comme si j’avais dû tout recommencer et ça m’a fait un bien fou. Tout cela est lié au décès de ma grand-mère. Je n’étais pas présent lorsqu’elle est partie parce que j’étais fatigué et je m’en suis beaucoup voulu. J’ai commencé à écrire ‘Je courrais’ qui parle de ça et c’est en le faisant que je me suis rappelé qu’écrire sur des choses qui me touchent ou me font du mal, en fait, ça me fait du bien. Comme quand j’étais ado ! À l’époque, quand j’ai commencé à écrire pendant les cours, c’est parce que je n’étais pas très heureux. J’ai adoré retrouver cette sensation et j’espère la garder encore longtemps."

Ce disque, c’est une psychothérapie ?

"C’est exactement ce que je me suis dit en écrivant ‘Je courrais’ . Et tous les titres qui ont suivi devaient entrer dans ce concept de thérapie."

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