Annoncé pour avril et reporté sine die, le nouvel album du chanteur de "La poupée qui fait non" sortira. Reste à savoir quand.

Actuellement en tournée, neuf ans après son retour scénique de 2007, Michel Polnareff fera étape cet été aux Francofolies de Spa avant d’investir Forest National en novembre. L’"Amiral", comme il se surnomme, est en forme. Bon pied bon œil et tout sourire, il se prête volontiers au jeu de l’interview sans faire la diva. Le tout avec cette voix qui a fait de lui une des icônes de la pop.

Qu’est-ce qui a changé entre la tournée de 2007 et celle-ci ?

Je ne renie pas le spectacle de 2007 qui était très bien, mais ici nous avons poussé le bouchon beaucoup plus loin. Nous proposons une scénographie étonnante avec pour la première fois en Europe, de nombreux passages réalisés en 3D pour lesquels il ne faut pas porter de lunettes dédiées. Ces effets ne sont pas destinés à impressionner, ils vont de paire avec les chansons. Quant à l’équipe qui m’entoure, je pense sincèrement pouvoir dire que c’est une des plus fortes rythmiques au monde en ce moment. On y trouve Bunny Brunel, bassiste de Chick Corea, Tony McAlpine, guitariste et claviériste de Steve Vai, et Mino Cinelu, le percussionniste de Miles Davis.

C’est audacieux de se lancer dans une tournée sans avoir un nouvel album. Il était annoncé pour le mois d’avril et puis… rien. Etes-vous si perfectionniste qu’il ne sortira pas tant que le moindre détail ne vous conviendra pas ?

Non ce n’est pas ça. C’eût été une erreur de sortir un nouveau disque avant la tournée parce que le public n’aurait pas eu le temps de digérer les nouvelles chansons. Or le public qui vient est là pour se rappeler ses souvenirs, telle chanson correspond à telle époque de sa vie, etc. Si on avait basé le spectacle sur de nouveaux titres, qu’est-ce que cela lui aurait rappelé ? Des souvenirs de demain ? C’est un mal pour un bien que cet album ne soit pas sorti maintenant. Il est très différent de ceux que j’ai faits précédemment et il faudra du temps aux gens pour l’apprivoiser. D’ici 10, 15 ou 20 ans, lors de la prochaine tournée, le public aura des souvenirs liés à ces nouveaux morceaux.

Il faudra être patient mais cet album sortira ?

Absolument !

Vous avez passé 19 mois à Bruxelles pour enregistrer les titres à venir. Pourquoi avoir choisi la Belgique ?

Les Belges ont un côté surréaliste que j’aime beaucoup. Je suis un fou de Magritte et quand j’étais petit, j’étais un passionné de Tintin. La relation que j’ai avec la Belgique date d’il y a très longtemps. Mes premiers spectacles se sont déroulés à l’Ancienne Belgique et au 140. A l’époque, lorsque j’étais débutant, on venait y roder nos spectacles. De plus, la Belgique m’a accueilli en 1975 quand mon propre pays m’a tourné le dos. C’est moi qui ai montré mon cul mais c’est tout de même mon pays qui m’a tourné le dos ! Et puis, la Belgique, c’est aussi le jazz. Django Reinhardt y est né, tout comme le saxophone. Il y a aussi Toots Thielemans qui est un de mes héros. Mes musiciens jouent "Bluesette" sans arrêt parce qu’on adore sa musique. Et puis, Bruxelles est géographiquement bien située pour faire venir des musiciens de toute l’Europe.

Mardi 19/07 aux Francofolies de Spa : www.francofolies.be ou sur www.fnac.be. Vendredi 18/11 à Forest National : www.sherpa.be, tél. : 0900.84.900 ou sur www.fnac.be, tél. : 0900.00.600


Le goût de la provoc

Led. Même s’il ne scandalise plus depuis longtemps, Michel Polnareff parvient à créer des situations pour le moins surréalistes, même involontairement. Lorsqu’il nous reçoit dans un palace du parc du château de Versailles, c’est dans la pièce où a été rédigé le traité de Versailles, signé dans la galerie des Glaces le 28 juin 1919. Excentrique comme toujours, le chanteur débarque avec sa longue crinière blonde, ses éternelles lunettes et une casquette munies de Led multicolores. C’est comme s’il faisait un pied de nez à l’Histoire. Car c’est en ces lieux que le "Tigre" Clemenceau, le Britannique Lloyd George et l’Américain Wilson ont décidé des sanctions imposées à l’Allemagne après la Grande Guerre et tracé les contours de la Société des Nations, précurseur des Nations unies, lesquelles verront le jour après la Deuxième Guerre mondiale. Et que dire de cette longue attente que subissent les fans ? Plus de 25 ans se sont écoulés depuis la sortie de son dernier album "Kâmâ Sutrâ" (1990). Hormis quatre titres épars. Un quart de siècle qui fait de Polnareff un prétendant au "Guinness Book des records" dans la catégorie de "l’album qui se fait attendre", au même titre que les Beach Boys.