A 52 ans, la rock star publie son autobiographie où il est beaucoup question de son enfance

BRUXELLES Qu'on ne se leurre pas... Si les premières pages reviennent sur une cérémonie religieuse à laquelle Sting assiste à la veille d'un concert à Rio, en 1987, où il doit se produire devant 250.000 personnes, son autobiographie ne parle pas de rock, encore moins de star system et surtout pas des années de gloire de Police.

Dans Broken music, qui sort aux éditions Robert Laffont, l'artiste, âgé aujourd'hui de 52 ans, effectue une sorte de thérapie. Il a écrit sur les vingt-cinq premières années de sa vie. L'ouvrage se termine là où commence son histoire publique.

«Je n'avais aucune envie de me livrer à un exercice autobiographique convenu, de raconter par le menu tout ce qui m'est arrivé», explique Sting. «En fait, j'ai été attiré par l'exploration de moments précis qui résonnent profondément en moi lorsque je m'efforce de comprendre l'enfant que j'étais, et l'homme que je suis devenu.»

Né le 2 octobre 1951 à Wallsend (banlieue de Newcastle), Gordon Sumner est le fils d'Ernie, livreur de lait, et Audrey, mère au foyer. L'enfance de Sting a tout du roman de Zola: le réveil à l'aube par des températures négatives, les livraisons avec papa dans la camionnette au moteur bégayant, «pour se faire des muscles aux bras et parce qu'on devait nourrir toute la famille », l'école qui ne l'attire pas plus que ça même s'il deviendra prof un jour.

Entre un père taciturne et une mère qu'il surprend en plein étreinte avec son amant, la quête du petit Gordon sera pleine de doutes. Musicalement, la carrière de Sting reste un heureux accident. Il est passionné de jazz mais est plus éloigné du rock même s'il admire Jimi Hendrix ou les Beatles. Son premier groupe, Last Exit (en hommage à Last exit to Brooklyn, le roman de Hubert Selby Jr) ne connaît qu'un un succès local. Sting chante déjà et tient la basse. Pendant presque dix ans, il va écumer les clubs de Newcastle, les salles de théâtre et les bureaux des maisons de disques en vue d'un hypothétique contrat. Monté à Londres en 1975 avec Frances, sa première épouse, et son enfant en bas âge, c'est presque par dépit qu'il accepte de jouer avec un musicien Américain, le batteur Stewart Copeland avec qui il fondera un groupe de punk/rock répondant au nom de Police... En 1978, il composera un certain Roxane.

Sting, Broken music (Ed. Robert Laffont).

© La Dernière Heure 2004