Musique

En 60 participations et 51 finales depuis 1956, date de création du Concours, la Belgique n’a gagné qu’une seule fois l’Eurovision. Les plus de 40 ans s’en souviennent : c’était à Bergen, en Norvège, en 1986. Sandra Kim, 13 ans seulement (elle reste à ce jour la plus jeune gagnante), entrait tout sourire dans l’histoire de l’Eurovision avec son nœud papillon fuchsia, son spencer blanc à épaulettes démesurées et son hymne sautillant “J’aime la vie”. La petite Italo-liégeoise avait provoqué des scènes de liesse populaire à son retour en Belgique.


À l’autre bout du spectre, la Belgique a fini dernière à huit reprises, deux fois avec l’infamant zéro point. C’est toujours mieux que la Norvège qui détient la palme du plus grand perdant de l’Eurovision avec onze dernières places et quatre “zéro point”. Sinon, on épinglera la médaille d’argent pour quatre candidats belges, dont Jean Vallée en 1978 et Urban Trad en 2003.

La Belgique a cette particularité unique de présenter en alternance un candidat issu de Flandre et un de Belgique francophone. Afin de ne froisser aucune communauté et sensibilité, on pouvait donc entendre une année sur deux une chanson interprétée en néerlandais (une langue qui n’a jamais marqué beaucoup de points auprès des jurys) et une en français.

Il faudra attendre 1975 pour voir quelques mots d’anglais, une langue plus porteuse, s’inviter dans une chanson belge. Le premier morceau tout en anglais représentant la Belgique date de 1977. Ensuite, retour aux langues nationales jusqu’en 1999 et le “Like the wind” de la Flamande Vanessa Chinitor. La dernière fois qu’un artiste belge a chanté dans la langue de Vondel, c’était Lisa del Bo avec le médiocre “Liefde is een kaartspel” en 1996, classé 16e sur 23.


En 2003, les francophones d’Urban Trad tranchent la question des différences linguistiques avec “Sanomi”, un morceau chanté dans une langue imaginaire.


Cinq ans plus tard, le groupe flamand Ishtar fait de même. Ces dix dernières années, toutes les prestations de la Belgique se sont faites entièrement en anglais.

Des artistes confirmés comme Pierre Rapsat, Clouseau, Jean Vallée, Robert Cogoi, Philippe Lafontaine et Kate Ryan ont porté (pas très haut) les couleurs de leur pays au Concours. De très jeunes et novices chanteurs aussi, pour certains déjà oubliés : Morgane, Mélanie Cohl, Roberto Bellarosa, Blanche ou Loïc Nottet. C’est Fud Leclerc qui détient le record du nombre de participations : quatre entre 1956 et 1962 !

Au niveau musical, il y a à boire et à manger. Au fil des décennies, on a entendu de la chanson réaliste plus ou moins déprimante (on a touché le fond d’entrée, en 1956, avec “Messieurs les noyés de la Seine” de Fud Leclerc), des ballades en veux-tu en voilà, de la dance music bien basique, du disco, des touches ethniques et un maximum de chansons de variétés.


Le cultissime groupe d’electropop Telex a défendu la candidature de la Belgique en 1980 avec le bien nommé “Euro-vision”, savoureusement parodique mais sans doute trop avant-gardiste. Ils voulaient finir derniers mais ils ont dû se contenter de l’antépénultième place.


Évoquons encore le cas de Plastic Bertrand, peu fidèle à sa patrie puisqu’il a concouru pour le Luxembourg en 1987. Il aurait mieux fait de se casser une jambe : sa pitoyable chanson “Amour amour” n’a récolté que quatre points.