Youssef Swatt’s est tout sauf un bleu. Le rappeur originaire de Tournai a à son actif deux EP, deux albums et une belle visibilité sur les grands médias nationaux comme en France via Konbini, Booska-P, le Huffington Post et même Mediapart. Sur les scènes aussi, celle de Dour, des Solidarités mais aussi à Paris, en Suisse et même au Sénégal. Il compte aussi des collaborations qui en jettent, que ce soit avec IAM (Shurik’n), Scylla, Demi Portion, Hugo TSR et Gaël Faye. Sans oublier des featurings avec Roméo Elvis, Caballero&JeanJass, Faf la Rage, Georgio et même… Salvatore Adamo.

Ce qui peut paraître comme un grand écart prend tout son sens à l’écoute des textes de Youssef Swatt’s. Car c’est dans ses paroles que réside toute sa singularité. Impossible de ne pas entendre une filiation avec les Marseillais d’IAM, tant pour le flow que le propos et même la musique. Du rap à l’ancienne diront certains. Oui, et c’est assumé. Ça fait même du bien.

Pour s’en convaincre, il suffit d’aller sur YouTube et écouter le Concert à la maison qu’il a proposé à ses fans depuis son salon en mai 2020 à l’occasion de la sortie de son album Poussière d’espoir alors que les concerts étaient interdits en raison de la pandémie. Une heure durant, il distille ses titres dans lesquels il se raconte, entre réalité concrète et touches d’espoir. "Le jour où le rap m’a sauvé", "Aleph", le tubesque "S’il suffisait" et le magnifique "Tellement" et son accompagnement au piano témoignent de son talent.


Preuve de l’intérêt qui lui est porté, le Tournaisien a tout récemment signé sur un label français, E47 et s’apprête à sortir son troisième LP ce printemps. En guise de single avant coureur, Youssef Swatt’s a publié "Remonter le temps", titre accompagné d’un clip signé Maxime Lorand. Avec ses arpèges qui ne quittent plus les oreilles une fois qu’ils y sont entrés, ses gimmicks sonores, son beat qui vous fait battre la mesure et son flow aux accents pop, le Belge franchit un nouveau cap. Si le propos reste littéraire, la musique, elle, est résolument ancrée dans les années 2020 et d’une redoutable efficacité. Bref, son rap à l’ancien est tout sauf vintage. "J’aurais pu faire de grandes choses/Heureusement, j’ai la zik/Heureusement, j’ai l’écriture/Heureusement, j’ai mon public/Et s’il n’était pas là, j’aurais pu me perdre dans le noir/Probablement que je ne serais pas là ce soir/Quand je pense à tout ce qu’on a vécu/Les épreuves qu’on a vaincues/Il faut que j’arrête de me dire que j’aurais pu, que j’aurais dû/Je ne peux pas remonter le temps", lance-t-il.


Voilà qui résume bien la personnalité de ce rappeur singulier au regard de ce qui se fait le plus aujourd’hui dans ce genre musical.