Les drones de Muse sont en approche ! En Allemagne, Muse a usé et même abusé de tous les artifices pour en mettre plein les mirettes.

Six jours avant les quatre concerts programmés au Palais 12 de Bruxelles, le Drone World Tour de Muse a fait une étape dans la Lanxess Arena de Cologne. De nombreux fans belges n’ont d’ailleurs pas hésité à franchir la frontière pour assister au show grandiloquent du trio.

Les musiciens de Teignmouth en ont mis plein les yeux. Le concert est réglé comme sur du papier à musique et le show de lumière a été à la hauteur de l’événement. Les Anglais se sont d’ailleurs inspirés de la tournée 360° de U2 en érigeant leur scène circulaire et rotative au centre de la salle permettant ainsi aux 20.000 spectateurs présents de ne pas perdre une miette d’un spectacle très futuriste et dont certains effets spéciaux pourraient être dignes des superproductions cinématographiques de science-fiction.

Les projections se sont multipliées sur quatre écrans géants placés au sommet d’une scène surplombée par une douzaine de drones qui survoleront l’audience à plusieurs reprises. On a aussi été bluffés par le jeu de marionnettes projetés au-dessus des musiciens qui ont joué le rôle de pantins manipulés sur The Handler.

Côté musical, tout a été pensé jusqu’au moindre détail et les tubes se sont enchaînés malgré une set list mal articulée et trop souvent interrompue de passages trop lents (Isolated System) qui auront cassé une ambiance qui n’aura jamais réellement décollé malgré les interprétations efficaces de Supremacy ou Plug In Baby. Matt Bellamy, le leader charismatique du groupe, s’est même essayé à quelques riffs de guitares de Jimi Hendrix et d’Angus Young pour chauffer la salle avant l’interprétation de ses titres mais il se sera aussi épargné du moindre mot à l’attention de son public se contentant juste de le saluer… à deux maigres reprises.

Le trio britannique a d’ailleurs eu beaucoup de mal à occuper la grande scène. Et cela même si Matthew Bellamy a délaissé plusieurs fois sa guitare sur Starlight et Uprising pour tenter de haranguer l’audience en arpentant les planches de long en large, laissant à Morgan Nicholls, le claviériste caché du groupe et placé sur scène dans l’ombre du batteur, la tâche de reprendre ses parties de guitares.

Muse a usé et même abusé de tous les artifices pour en mettre plein les mirettes. Mais en agissant de la sorte, le groupe a surtout perdu la spontanéité qui en avait pourtant fait une bête de scène. Gageons que les quatre prestations scéniques programmées à Bruxelles dès samedi seront d’un tout autre calibre. Sans quoi…