L’annonce de la séparation du duo français a fait l’effet d’une bombe le 22 février dernier. Elle a pris tout le monde de court alors que ça et là sur des forums certains envisageaient leur retour après des années d’absence discographique suite à la sortie de Random Access Memories, en 2013.

Depuis, la surprise s’est muée en véritable folie. Daft Punk est partout. Les éloges continuent de pleuvoir, dans la presse internationale mais aussi de la part des plus grandes stars de la musique. Leurs ventes d’albums ont également bondi sur les plateformes numériques ! L’envolée est de 5000 % en streaming pour Discovery qui date de 2001. Et de 8000 % pour le même disque en version physique, selon le site EDMTunes ! Les rééditions sur support vinyle de leurs deux premiers albums, Homework et Alive 1997, opportunément disponibles à peine 48 heures après l’officialisation de leur séparation, devraient encore doper ce chiffre.

Des prix hallucinants

Sur les plateformes de seconde main aussi, les acheteurs se déchaînent, pour le plus grand plaisir des vendeurs de collectors et d’objets rares (promo, etc.) lié au duo qui a révolutionné la musique électronique. Les ventes affichent  une hausse de 2650%. Les prix flambent aussi, jusqu’à devenir totalement déraisonnables, même pour les fans les plus hard-core. C’est le cas sur Ebay où une copie neuve et toujours sous cellophane de Random Access Memories a été adjugée 406 dollars.

Aux États-Unis, le Billboard annonce qu’un fabricant de répliques des casques de deux Daft Punk a empoché 20 000 dollars en une journée. Il confie à la publication qu’il aurait pu faire cinq fois plus s’il avait eu la possibilité de fabriquer plus de marchandise.

Harder, better, faster, stronger

Et ce n’est pas le message envoyé par Thomas Bangalter – l’ex-acolyte de Guy-Manuel Homen-Christo – à l’émission Quotidien, de Yann Barthès, qui va calmer les ardeurs. En guise d’explication du split de Daft Punk, il a envoyé la vidéo d’un extrait du film Les temps modernes de Charlie Chaplin dans lequel on peut voir Charlot s’éloigner au bras d’une femme au son du tube “Smile”, le tout agrémenter d’une dédicace manuscrite énigmatique : “Si l’amour est la réponse, vous êtes à la maison”.

Le phénomène Daft Punk s’invite même là où personne ne l’attendait : dans la communication de la très austère Banque centrale européenne (BCE). Un responsable de l’institution basée à Francfort en a surpris plus d’un mardi lorsqu’il s’est agi pour lui d’expliquer la détermination de la BCE à lutter contre une trop forte remontée des taux d’intérêt afin de ne pas fragiliser la reprise économique. Il a suggéré une approche “Harder, better, faster, stronger”, citant le titre d’un des plus emblématiques tubes du tandem parisien. “Plus nous nous efforcerons de combler les déficits” de production et d’inflation que la pandémie a entraînés, “meilleures seront les perspectives de l’économie de la zone euro”, a-t-il dit. “Et plus vite nous y parviendrons, plus notre potentiel de croissance sera fort.”