Avec sa chanteuse aux allures d'une Amy Winehouse bis, le groupe folk/pop français a émerveillé le Botanique, hier soir, à Bruxelles. Et pas seulement pour son tube de l'été, Prayer In C.

"J'adore leur style plus péchu, moins brouillon et plus universel d'aujourd'hui" nous confie Alex, un fan français de la première heure. "En plus, sur scène, ils sont hyper appliqués et ne lâchent rien !"

En effet, malgré leur tube de l'été remixé par le dj allemand Robin Schulz -plus de 600 000 exemplaires, 15 millions de vues sur YouTube et numéro 1 du Hit DH Radio depuis des mois- ce titre Prayer In C existe depuis 4 ans déjà et Lilly Wood & The Prick depuis 2006 (Victoire de la musique en 2011 comme révélation public).

Ces derniers vont même bientôt sortir leur troisième album (sans compter leur EP Lilly Who and The What ?) après Invincible Friends et The Fight. Créé par Nili Hadida (une chanteuse qui se révèle complètement à l'ouest sur scène, un peu à la Amy Winehouse -"J'ai essayé de danser et ce n'est pas encore au point, hein ?"- mais c'est aussi ce qui fait son charme) et Benjamin Cotto (guitare), le groupe français qui chante en anglais a dessiné un style alternatif folk/pop des plus agréable à l'oreille. "Je les écoute en boucle quand je bosse" nous susurre un dentiste, présent hier soir dans une Orangerie pleine à craquer. "Quelle voix et quelles bêtes de scène !"

Il faut admettre qu'au-delà de leur tube -interprété en version originale trippante hier soir lors du rappel- Lilly Wood & The Prick a aussi autre chose dans le ventre. Enchainant de belles ballades et arrangements mélancoliques (de This is a love song à Little Johnny en passant par Down The Drain, Long Way Back et Where I Want to be) ou son hommage vibrant à Joni Mitchell, la bande possède un répertoire aussi sautillant (Hey it's Ok !) que relaxant. Comme ce Middle Of The Night, soutenu par une épatante basse charnue ou encore Hymn to my Invisible Friend, morceau après lequel Nili lâche un "cette chanson est horrible mais on est trop content de la chanter" sourit-elle. "Enfin, voilà encore un truc que je n'aurais pas du dire..."

Bref, avec son univers de forêt enchantée à la "Lilly au pays des merveilles", voici une belle (re)découverte (les mix de dj's à l'instar de Wankelmut pour Asaf "One Day" Avidan et The Magician pour Likke "I Follow Rivers" Li ont donc parfois du bon) dans cette scène musicale française souvent trop morose (pour ne pas dire maussade) ces dernières années. "1h30 de vrai bonheur" entend-on à la sortie. 

Pour beaucoup, un concert de Lilly Wood n'a pas donc pas de "Prick" !