Dimanche soir, Forest-National est passé de la réalité à la rave. Inouï!

BRUXELLES Forest-National, dimanche, 22h50. Littéralement incendiée par plus d'une heure trente de Faithless, la marée humaine des fans du groupe anglais impressionnante et belle d'en haut n'en a pas assez. Et refuse de quitter les lieux tant que Maxi Jazz et sa bande de techno-dingues ne s'y seront pas repointés. Une dernière fois. Ce moment arrive après plusieurs minutes d'attente et, au son décapant d'un second We Come One, le délire, déjà total au fil de la soirée, atteint son paroxysme. Comme quoi la jeune génération a encore besoin d'échappatoire et qu'en la matière, Faithless tient franchement le bon bout.

Véritable giboulée dance, les auteurs d' Insomnia (placé en 5e position en concert) ne sont en effet pas que cela, ce sont des oiseaux de nuit qui donnent le jour à un tas de choses à commencer par cette claviériste concentrée qu'est Sister Bliss et, comme en témoigne leur récent laser Outrospective, qui savent emprunter d'autres voies.

A la suite de l'instumental Donny X, de Reverence (plage titulaire de leur premier opus) ou de Muhammed Ali ah! la voix d'outre-tombe de Maxi Jazz , une délicate choriste du nom de Zoe elle a aussi chanté pour Bent prend le relais avec deux morceaux merveilleusement ambient, Crazy English Summer et Not Enuff Love. L'occasion pour la foule en délire de redescendre sur terre et se ventiler un peu, avant que ne surgissent des nouvelles déflagrations comme Tarantula ou Salva Mea.

Au début du show, on regrettait un brin qu'aucun décor ou qu'aucune imagerie ne vienne renforcer la frappe du combo mais, à bien y réfléchir, tout cela n'aurait servi à rien. A eux seuls, l'énergie et les beats de Faithless emplissent le corps, la tête et le coeur (Bring My Family Back et All Races All Colours, un inédit?). Quant à la transe dans laquelle Maxi Jazz entre progressivement (il termine torse nu), elle fascine au dernier degré.

S'achevant d'abord avec le single We Come One tous les bras sont en l'air et c'est émouvant , la rave-party a repris de la vigueur avec Postcards et Drifting Away et, bien entendu, God Is A DJ. L'hystérie collective est alors tellement grave (avait-on déjà connu cela à Forest?) qu'elle ne peut retomber facilement. D'où cet ultime rappel, imprévu mais divin.

Faithless, Outrospective (BMG).