+ Tom Morello m'a tuER

Sur papier, la chose inspire peu confiance. Prophets of Rage, super-groupe de has-been qui unissent leurs forces pour durer, composé de : Chuck D, jadis voix et cerveau de Public Enemy ; B-Real, frontman usé de Cypress Hill qui tente péniblement de remplacer le magnifique Zach de la Rocha ; et des cendres de Rage Against The Machine, du bassiste Tim Commerford au batteur Brad Wilk en passant par le magnifique Tom Morello (notre photo). Une sacrée bande de mecs sympas, bardés de dizaines de tubes et de suffisamment de munitions pour mettre la plaine de Werchter à feu et à sang. Ce fut fait, gentiment (même s'ils eurent l'outrecuidance de reprendre le "Jump Around" de House of Pain), mais surtout grâce au dernier de ces messieurs cités. Tom Morello, flamboyant comme jamais, qui jongla avec les guitares toute la soirée, en plaça une pour le PS ("Fuck Belgian Corruption") et surtout nous gratifia de quelques plans de grattes à se damner.

+ Des filles au top

Lorde
Lorde © JC Guillaume

Beaucoup de demoiselles, en cette première journée de festivités, et parmi elles, plusieurs qui nous ont charmés. Si la tornade Beth Ditto a perdu de son panache côté studio depuis quelques années, Mary Beth Patterson demeure une valeur sûre en scène. Après un début en dilettante, l'Américaine a une fois de plus repris le jeu à son compte et prouvé qu'elle restait une bête de scène. Dans un style plus ondulant, un peu plus tard dans la soirée, la Néo-zélandaise Lorde a également épaté nos mirettes et nos écoutilles. En début d'après-midi, c'est Savages – clique post-punk, féminine et britannique emmenée par la ténébreuse Jehnny Beth – qui impressionnait sur la grande estrade, livrant un set couteau entre les dents, parfait pour dégoupiller ce jeudi. Enfin, la merveilleuse Agnès Obel déroulait dans une bien jolie grange la plus belle prestation de l'après-midi. Un light show impressionnant, une scénographie-caviar et un concert tout en nuances et en élégance. On y reviendra sans tarder, dans une antre plus adaptée.

- God bless USA

USA
USA © N.Cap

Pourquoi tant de haine ? Si l'on subit déjà suffisamment et depuis bien longtemps la pression toute américaine qu'exercent les grands messes rock sur les pauvres festivaliers – entassés comme des veaux dans des tentes en plastique aux mensurations d'hall d'aéroport, nourris aux OGM et à la mayonnaise quatre jours durant, parqués en file indienne pour l'entrée/les toilettes/les tickets/le bar/etc. – , voilà qu'on nous impose l'infâme tradition de la «Kiss Cam» avant chaque prestation. Une joyeuse coutume héritée des stades d'Oncle Sam, consistant à pointer une caméra sur deux personnes du public et à les cercler d'un cœur sur grand écran jusqu'à ce qu'elles concèdent à s'embrasser sous les "huhuhus" amusés de la plèbe. Oui mais non.