Le collectif hip-hop liégeois a livré une prestation fédératrice à l'Ancienne Belgique

Interview exclusive de Patricia Kaas dans la DH numérique

BRUXELLES Volontairement ou non, Starflam cultive les paradoxes. Le collectif hip-hop liégeois a vendu plus de 30.000 exemplaires de son avant-dernier album Survivant, mais les radios francophones soi-disant dans le coup refusent de passer des extraits du nouveau CD Donne-moi de l'amour. Et alors que, dans le sud du pays, on en est toujours à multiplier les amalgames sur le rap, la presse flamande effectue une analyse de fond pour saluer la qualité de la prose française, les accents poétiques et l'attitude franchement positive des Liégeois.

Sous-estimé, incompris et parfois même jalousé, Starflam pourrait accuser le coup. C'est tout le contraire... Vendredi, à l'Ancienne Belgique, le collectif a donné une grande leçon d'amour. Il a livré une prestation implacable et enflammée devant un public mixte. Des filles. Des mecs. Des Bruxellois, des Liégeois mais aussi des Anversois ou des Gantois. Des ados qui les ont connus avec La sonora et des fans de la première heure qui suivaient les rappeurs de la Cité ardente alors qu'ils s'époumonaient au sein des Malfrats Linguistiques. Malfrats, Starflam... Plus qu'une anagramme, une vraie révolution.

Sur scène, le groupe a corrigé tous les petits défauts de la tournée précédente. Gonflés à bloc par les rythmes envoyés par le dj et architecte des sons DJ Mig One, les cinq mc's balancent la sauce sans le moindre temps mort. Les morceaux s'enchaînent sous un déluge de samples, de scratches, de lumières tétanisantes et de projections judicieuses. Dans la salle, le public bouge. Le public danse. Le public fait la fête. Le groupe a quelques morceaux engagés dans son répertoire. Mais c'est surtout une grande fête qu'il souhaite proposer. Avec deux premières parties (le Belge James Deano et le Parisien Jean Gab'1), des invitées féminines sur Ils ne savent pas (nouveau single du groupe) ou sur Situe. En fin de concert, il y a aussi des danseurs qui viennent effectuer une démonstration de break dance, quelques grosses voix qui se donnent en freestyle et même un clip. Mais ce qu'on retiendra de cette soirée, c'est la force et l'enthousiasme de Starflam. Le groupe sait tenir une grande scène sans le moindre instrument. On comprend tout ce qu'il chante. Aux Plat pays et Sonora des albums précédents, viennent s'ajouter d'autres compositions fédératrices: Ils ne savent pas, Donne-moi de l'amour, le très beau Retour à l'adolescence mais aussi des bombes plus dansantes comme Antistatique ou En alerte. Et le tout sans le moindre Fuck, Yo! et autre bitch qui collent au hip-hop comme de très mauvais clichés.

© La Dernière Heure 2003