Mathieu Chédid seraà l'Ancienne Belgique ce samedi 28 octobre

BRUXELLES Après son passage remarqué au Botanique et aux Francofolies de Spa, M, alias Mathieu Chédid, remettra le couvert à l'Ancienne Belgique samedi prochain. La dernière occasion de le voir avant un repos bien mérité et l'opportunité pour nous de lui demander de dresser le bilan de cette tournée magique

A la sortie de Je dis aime, pensiez-vous encore être sur la route un an plus tard?
"Non, une tournée ne joue les prolongations que s'il y a de la demande du public. Quand on revient se produire dans la même ville, on espère qu'il y aura de nouveaux spectateurs mais on sait aussi qu'il faudra proposer quelque chose de différent pour ceux qui nous ont déjà vus."

Quel est votre meilleur souvenir sur scène?
"Il y a eu beaucoup de grands moments. Je me souviens particulièrement du concert que j'ai donné le 21 juin 2000 lors des Fêtes de la Musique, à Paris. Je jouais place de la Concorde devant 20.000 personnes qui m'ont soutenu pendant tout le show. Il y avait des dizaines d'autres concerts gratuits organisés dans Paris mais ils sont restés là à m'écouter, m'applaudir, danser. Je ne m'étais jamais produit devant autant de monde. Mon record, c'était 17.000 spectateurs à Bercy qui étaient surtout venus pour Texas, dont j'assurais alors la première partie.´

La route est-elle aussi un lieu propice pour l'écriture?
"Je préfère me concentrer sur les concerts. En tournée, je reçois tellement d'infos dans le cerveau que, lorsque j'ai des moments de liberté, j'en profite pour souffler et faire le vide. Pour écrire, je dois être dans mon monde, dans ma petite bulle"

On parle aussi d'un album live...
"Nous enregistrons tous nos concerts. L'idée est de sortir un CD live, peut-être un double, début 2001. L'idée est de montrer toute l'évolution: depuis les premiers concerts à l'époque de l'album Le baptême, lorsque je me produisais seul sur scène avec ma guitare, aux shows actuels où je suis accompagné d'un batteur, d'un bassiste et d'un DJ."

Les deux Victoires de la Musique ont-elles changé quelque chose pour vous?
"J'ai toujours dit que la seule Victoire qui compte pour moi, c'est le sourire qui se lit sur le visage des spectateurs à la fin du concert. Je ne crois pas avoir changé. Mentalement, je suis le même qu'il y a dix ans. C'est peut-être inquiétant du reste. Le regard des autres a changé, par contre. Du moins de certains autres. Il y a de la jalousie. Des gens m'en veulent d'être là. Je dois me préserver. Dire parfois non, comme si tout d'un coup, je risquais d'être mangé par les requins."

Sur l'album Solidays, en faveur de la lutte contre le sida en Afrique, vous chantez pour la première fois avec votre père, Louis Chédid
"Cela s'est fait de manière très naturelle mais je ne pense pas qu'il faut systématiser ce genre de collaboration. La chanson est venue très vite. Mon père et moi l'avons écrite à quatre mains. Tel père, tel fils montre que nous n'avons rien à nous cacher."

Papa est-il fier de son fiston?
"Il est d'autant plus fier qu'il ne croyait pas dans le personnage de M. A mes débuts, lorsque je faisais le sot, il m'a dit qu'il me trouvait marrant, qu'il respectait ma démarche mais qu'elle n'aurait pas de succès."

N'avez-vous pas peur d'être prisonnier de ce personnage?
"Non! Le jour où j'en aurai marre de jouer au superhéros sur scène, je ferai autre chose. Je ne veux pas en faire trop ou continuer contre mon gré."

Album Je dis aime (Virgin). Le samedi 28à l'Ancienne Belgique (02/548.24.24.).