Une nouvelle version revue et corrigée par McCartney

BRUXELLES Trente-trois ans après sa sortie officielle, Let it be fait l'objet d'une nouvelle version, baptisée Let it be naked, revue et corrigée par Paul McCartney qui avait toujours manifesté son mécontentement par rapport à la production initiale. Sans remettre en cause cette relecture, il faut toutefois souligner qu'elle ne débouche sur aucun miracle. Enregistré avant Abbey road mais paru après, Let it be ne peut pas être considéré comme un chef-d'oeuvre des Fab four. Quelques morceaux émergent bien sûr mais ce disque n'a pas la consistance du White album, de Revolver, ou de Sgt Peppers.

Sur un plan historique, les fans seront bien plus impatients de (re) découvrir le film Let it be qui doit sortir en DVD en 2004. Dommage qu'Emi ait décidé de commercialiser séparément le CD et le DVD. Mais bon, les Beatles sont toujours une affaire qui tourne et autant la rentabiliser au maximum.

L'idée de Let it be naked ? Montrer ce à quoi aurait dû ressembler l'enregistrement original. En janvier 1969, les Beatles se donnent rendez-vous au Twickenham Film Studios. Le groupe veut mettre en boîte un disque live sans le moindre artifice. Le processus de création sera entièrement filmé par le réalisateur Michael Lindsay Hogg qui a placé des micros et des caméras un peu partout dans ce local froid, humide et incompatible avec les besoins techniques.

Sans le savoir, Michael Lindsay Hogg va filmer la fin du groupe le plus populaire de la planète. Les tensions sont à leur comble. Yoko Ono n'arrête pas de rôder dans les parages, ce qui a le don d'énerver McCartney. Le bassiste gaucher impose la voie artistique à suivre mais les trois autres membres sont réticents. Excédé par la tournure des événements, Harrison abandonne même le projet avant de revenir à la condition sine qua non que les Beatles terminent l'enregistrement dans leur quartier général d'Apple, dans le West London.

L'album sortira finalement en mai 1970 quand les Beatles seront officiellement séparés. Sous l'insistance de Lennon, c'est le producteur Phil Spector (inventeur du Mur du son et actuellement inculpé de meurtre aux Etats-Unis) qui va retravailler les morceaux.

La version Naked a retiré toutes les fioritures de Spector. L'ordre des morceaux a aussi changé. C'est Get back qui ouvre le disque et Let it be (sur lequel le jeu de batterie de Ringo est enfin mis en exergue) qui le clôture. On trouve aussi l'excellent Don't let me down, qui ne se trouvait à l'époque qu'en face B du 45 tours Get back. Les faibles Dig it et Maggie mae ont, par contre, disparu.

Let it be naked (Emi).

© La Dernière Heure 2003