Musique Le groupe bruxellois revient avec un excellent album et un concert à l’Ancienne Belgique

Au beau milieu des années 1980, débarque à Bruxelles une bande de malpropres passionnés de bagnoles, de sexe et de violence cinématographique. Totalement inclassables, les affreux mélangent blues, rock ’n’ roll, grunge ou stoner rock, et rejettent catégoriquement le moindre compromis. C’est la naissance de La Muerte, quatuor sulfureux rejeté par le grand public mais vénéré par ses fans, qui se forge un statut de groupe culte, jusqu’à sa disparition en 1994.

Cheveux blancs, traits tirés et blouson en jeans de rigueur, Dee-J (guitare) est l’archétype du vieux rockeur impénitent, aujourd’hui. Avec ses épaules de déménageur, sa fine moustache et son petit bonnet soigneusement placé de côté, Marc du Marais (chant) n’est l’archétype de rien mais prend des allures de taulard fraîchement libéré. Tous deux sont pourtant doux comme des agneaux lorsque nous les rencontrons dans un troquet du centre, et reviennent paisiblement sur leur histoire chaotique, à l’heure de leur grand retour sur disque - La Muerte, leur sixième album, est sorti le mois dernier - et sur scène à l’Ancienne Belgique, le 12 janvier.

À la sortie de leur premier album en 1987, la reconnaissance vient d’abord de l’étranger. L’Allemagne, l’Angleterre, l’Europe de l’Est repèrent les gaillards et leur donnent une crédibilité. "Je me souviens très bien du premier concert que nous avons donné à Prague, en 1989, dit le guitariste. C’était un dimanche soir, on s’attendait à voir trois ou quatre types dans la salle. Mais quelques dizaines de minutes avant le concert, notre ingé son nous appelle et nous dit : ‘Je ne peux pas revenir dans la loge, il y a trop de monde, impossible de passer.’ On s’est tous bien marré, en trouvant sa blague vraiment drôle, mais en fait, il ne déconnait pas du tout. La salle était bondée."

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