Calogero était à Bruxelles lundi soir pour un concert exceptionnel. Nous l'avons rencontré

BRUXELLES Calogero avait pris, lundi, ses quartiers à Schaerbeek, à la Savonnerie plus précisément, le temps d'un concert exceptionnel. Une heure avant sa prestation, l'artiste, d'abord légèrement crispé ("je ne suis pas trop à l'aise quand il s'agit de parler" ) nous reçut dans... la salle de bain de l'appartement surplombant la salle, afin d'évoquer son dernier album, Pomme C.

L'album 3 a connu un succès impressionnant. Comment on se sent quand on commence à travailler sur un nouvel album après un tel succès ?

"J'avais envie de surprendre et de me surprendre moi-même, avant ça. J'avais envie de bien me concentrer sur les chansons, pendant longtemps, et de proposer quelque chose de nouveau. De différent. Cela dit, on reconnaît bien mon style, mais j'avais envie d'avancer. C'est normal. Je n'ai pas envie de m'encroûter. Il y avait de la pression, mais c'est un bon moteur..."

Vous avez enregistré cet album en plein air, en Toscane. Pourquoi ?

"C'était une manière de casser le rythme, d'avoir un son différent. Le pari de faire un album en plein air dans une maison, comme des mômes de 15 ans avec un groupe... Un ampli chacun, une guitare chacun, simplement, sans artifices. Et j'ai eu raison, parce que je trouve que de tous mes albums, c'est celui qui sonne le mieux."

Vous avez confié l'intégralité des textes à Zazie... Comment s'est passée votre collaboration ?

"En fait, on avait fait déjà trois chansons ensemble sur les albums précédents. J'avais envie de proposer un album entier parce que je trouve que ses musiques et mes textes vont bien ensemble. Quand elle fait un texte et que je fais une musique, ça ne fait qu'un, comme s'il n'y avait qu'une personne qui avait fait les deux. C'est assez magique et assez rare. Comme moi, je travaille plutôt le matin et la journée et elle le soir, elle m'envoyait ses textes par fax. Tous les matins, comme un petit garçon qui va chercher son cadeau sous le sapin de Noël, j'allais chercher mon texte sous le fax."

Danser encore est une chanson qui parle du temps qui passe. Ça vous angoisse ?

"J'y pense, comme tout le monde. J'ai 35 ans, je suis encore jeune mais j'y pense. C'est normal, c'est la vie et c'est ce qui fait aussi avancer d'accepter ça."

Mélodies en sous-sol raconte, elle, un peu votre histoire...

"Oui. Ça parle des jeunes de banlieues, qui ne font pas que brûler des voitures, qui sont aussi des mômes qui veulent s'en sortir. C'était mon cas. J'étais un élève assez turbulent mais quand même, j'avais envie de m'en sortir, de faire des choses. J'avais la musique comme boussole, comme le dit la chanson. C'est une image forte."

Il n'y a pas de duo avec Zazie. Parce que cela aurait été trop convenu ?

"Oui. Et puis parce que le duo que j'ai fait avec Passi, sur Face à la mer, était tellement fort qu'il valait mieux faire autre chose... En fait, globalement, c'est mon album le plus fort. Ce sont mes chansons les plus simples, les plus directes, les plus accessibles."

Calogero, Pomme C (Universal)



© La Dernière Heure 2007