Son nouvel album In the zone sort ce lundi. Une très bonne surprise

BRUXELLES Enfin! Après avoir défrayé la chronique ces derniers mois avec une régularité presque supecte et pour des raisons souvent extra-musicales, Britney effectue son grand retour dans les bacs. In the zone, son nouvel album, et quatrième à ce jour, sort ce lundi 17 novembre.

Envoyé en éclaireur, l'excellent single Me against the music, enregistré avec sa copine Madonna, constitue une belle introduction. Il ouvre non seulement In the zone, mais donne aussi le ton quant au fond et à la forme. Si la belle chantait encore il y a deux ans qu'elle «n'était plus une gamine mais pas encore une femme», elle ne prend désormais plus aucune pincette pour mettre en avant sa nouvelle image. Plus sexy, plus provocante, plus sensuelle. Voilà la nouvelle Britney qui a définitivement tiré un trait sur la lolita post-ado qui donnait l'impression de ne pas vouloir quitter la cour du lycée.

Cette émancipation se traduit aussi par l'investissement personnel de Britney. Sur In the zone, elle ne se contente plus de chanter. Elle signe aussi huit des quatorze morceaux de l'album (dont deux versions de Me against the music). Britney a également fait le ménage autour d'elle et renouvelé l'équipe de ses collaborateurs. Certains n'y verront que de l'opportunisme. Mais force est de constater que la participation de Madonna sur Me against the music, de Moby sur Early mornin', de R. Kelly sur Outrageous, de Puff Daddy sur The answer apportent à la fois crédibilité et diversité à l'ensemble.

Musicalement, l'évolution est aussi frappante. Hormis l'un ou l'autre titre (l'insipide Brave new girl notamment), Britney délaisse la pop bubble gum pour s'attaquer aux dance-floors. Le single fait déjà un malheur dans les clubs. Breath on me et son entêtante rythmique à la Daft Punk, The hook up au tempo reggae/dance-hall ou encore l'implacable Outrageous, écrit par R. Kelly, devraient suivre le même chemin. Quant à Early mornin', sa collaboration avec le New-yorkais Moby, elle est encore plus subtile. Loin d'être un hit évident, ce titre laisse apparaître toute sa complexité et son intelligence au fil des écoutes.

On n'échappe certes pas à quelques effets de manche trop faciles (l'usage du vocoder, ces gémissements proches de l'orgasme, des sonorités parfois bancales) mais dans l'ensemble, In the zone est un disque réussi, audacieux et parfois très déroutant. On pense, par exemple, au choc percutant d'une guitare surf sur une rythmique techno (Toxic), aux sonorités asiatiques de Touch of my hand ou (désolé de se répéter) au texte très Règlement de comptes à OK Corral du single Me against the music.

Sur son précédent disque éponyme, Britney enfonçait déjà quelques portes (cf. I'm a slave 4 you produit par The Neptunes). Ici, elle est carrément de l'autre côté. Elle s'affirme clairement dans le monde adulte, marche avec brio sur les traces de Madonna (l'album Erotica est une bonne comparaison) et impose sa volonté de surprendre au risque sans doute de perdre les fans de la première heure qui ne trouveront plus ici l'innocence de Ooop's I dit it again. Il faut bien grandir un jour...

Britney Spears, In the zone (BMG).

© La Dernière Heure 2003