Girls In Hawaii redessine les contours de la pop sur son premier album From here to here

BRUXELLES En mars dernier, la formation belge Girls In Hawaii sortait Found in the ground, the winter Ep, maxi 5 titres remarquable et remarqué. Sept mois plus tard, le groupe propose son premier album, From here to here. Les plaines enneigées qui illustraient la pochette du maxi ont laissé la place à des prairies plus vertes. Sur la photo signée Olivier Cornil, on distingue quelques sillons aux courbes régulières qui fuient vers l'horizon. Sans pousser trop loin la symbolique, on dira que ces traces laissées par une charrue wallonne sont à l'image de la musique de Girls In Hawaii. Une musique pleine d'espace réalisée par une jeune formation qui a compris qu'il n'était pas toujours nécessaire d'aller droit au but pour toucher sa cible.

Avec une subtilité et une intelligence qui frôlent l'insolence, Girls In Hawaii a su imposer en un album ce que beaucoup de groupes belges peinent à trouver durant toute une carrière: l'équilibre. Soit des sonorités assez underground pour une efficacité pop redoutable, un univers musical laissant beaucoup de place à l'imaginaire tout en s'appuyant sur des schémas limpides. Ou encore des moments pop de douce folie (Found in the ground) qui s'enchaînent avec des guitares rageuses et des hymnes fédérateurs (Flavor aussitôt entendu, aussitôt mémorisé).

Et puis, il y a la personnalité d'Antoine et de Lio, les deux amis/complices à la base du groupe. Ils sont jeunes. Ils sont donc un peu fous. Mais ils savent très bien ce qu'ils veulent. Ce qu'ils ne veulent pas non plus. «Ce disque, c'est deux années de notre vie. Plus on travaillait dessus, plus nous trouvions de l'énergie pour aboutir au résultat souhaité. Quand nous avons reçu les premiers exemplaires de l'album, on s'est dit, sans prétention aucune, que nous n'avions pas raté notre coup. La pochette est réussie et la collection de chansons qui s'y abrite tient la route.»

A y regarder de près, From here to here regorge d'une multitude de petits détails qui montrent que Girls In Hawaii a pris le temps d'accoucher de ce disque mais ne s'est pas égaré en chemin.«From here to here est construit chronologiquement. Les premiers morceaux qui figurent sur le disque sont les premiers que nous avons enregistrés. La première partie du CD est plus pop. La deuxième moitié joue davantage sur les ambiances avec aussi notre titre le plus fort, Flavor. Il semble faire l'unanimité chaque fois qu'on interroge celles et ceux qui l'ont écouté. Nous avons aussi fait très attention à la durée du disque. Quarante minutes, c'est juste ce qu'il faut. Au-delà, on risque d'ennuyer. En deux années, nous avons accumulé pas mal de matériel, mais les titres retenus pour From here to here se sont très vite imposés.»

Davantage dans un souci de varier les plaisirs que pour des raisons de budget, Girls In Hawaii a enregistré l'album dans sept lieux. Des lieux insolites. Un appartement bruxellois, une grange à la frontière allemande, une maison dans les Ardennes belges...

«Nous avions un petit studio mobile. C'est assez pratique. Nous ressentons le besoin de nous isoler dans les lieux différents qui nous inspirent. Le résultat n'aurait pas été le même si nous avions opté pour un studio classique

Girls in Hawaii, From here to here (Bang!). 28/11 au Théâtre de Mons (avec Venus). En showcase gratuit le mercredi 3 décembre à 17 h chez le disquaire Side Music, chaussée de Namur, 244, 1300 Wavre.

Leur site officiel

© La Dernière Heure 2003