"Chers tous, annonce Lara Fabian dans un communiqué. Je viens d’apprendre par le communiqué de presse de l’ONG ACAT, relayé par la presse, que le Festival culturel à Tachkent pour lequel je devais chanter ce 26 octobre était géré par la fille du président en place." À savoir Islam Karimov, 75 ans, qui dirige l’Ouzbékistan depuis 1989.

La réaction de la marraine du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) ne s’est pas fait attendre. Elle réagit en écrivant "à mon équipe dans les pays de l’Est pour faire savoir que, dans ces conditions, je ne voulais pas assurer ma prestation, que j’annule donc. Je suis choquée par l’amalgame politique et la récupération immédiate dont je fais l’objet dans la presse à ce sujet, et suis profondément blessée lorsque je lis : Lara Fabian, nouvelle vitrine du régime tortionnaire Ouzbek."

La chanteuse belge tenait à mettre les points sur les i. "Je tiens à rappeler que, depuis 25 ans, j’ai toujours eu à cœur de faire passer en chansons des messages universels d’amour, de paix et de tolérance. Ma carrière et mes engagements témoignent de mes valeurs et je suis choquée que l’on puisse penser de moi que je puisse cautionner un régime ne respectant pas les droits de l’homme."

Lara Fabian va encore plus loin. "Ceci étant, j’aimerais dire que je fais une grande différence entre chanter dans le cadre d’un spectacle qui est directement géré par un membre (ou un proche) d’un gouvernement ne respectant pas les droits de l’homme et aller faire des représentations dans un pays qui a un gouvernement qui ne respecte pas ces mêmes droits."

L’artiste de 43 ans précise ses propos. "Dans le premier cas, je n’y vais pas, car je ne veux pas cautionner une telle politique, ni servir de vitrine à son gouvernement. Dans le second cas, je viens chanter pour les êtres humains qui subissent justement au quotidien des atteintes aux droits de l’homme."