Musique L’inoubliable interprète de Tu m’oublieras était à Namur, ce dimanche et nous a reçus en toute simplicité, pieds nus, dans sa loge…

Ses boucles rousses ont peut-être disparu de la circulation mais son tube Tu m’oublieras fait partie des morceaux de l’année 1999 restés dans l’esprit du public. Ce dimanche, Larusso était en concert à Namur avec Stars 90. L’occasion de revenir quelques dizaines d’années en arrière…

Heureuse d’être en Belgique ?

"Grave ! C’est tellement top, j’adore la Belgique et un de mes chiens, Léo, est belge. Je n’étais pas venue depuis un moment mais j’aime tellement la mentalité belge que j’y viens dès que j’ai un petit moment. Aujourd’hui à 36 ans, j’ai quitté Paris et je vis à l’étranger, très loin. Mais je ne vous dirais pas où (rire) ! En tout cas, les Belges sont comme les Québécois : très respectueux. Et je ne dis pas ça pour vendre ou faire de la lèche."

Mais bel et bien épanouie ?

"Oui, complètement. C’est triste l’Europe en ce moment, n’est-ce pas ? Ça fait mal au cœur. Plein de gens meurent au nom d’une idéologie qui n’existe même pas."

Mais vous, que devenez-vous ? Pas lassant d’être revenue chanter le passé à Stars 90 à Namur ?

"Non, non car je compense avec des trucs de maintenant mais forcément j’en parle moins car ça se vend beaucoup moins. Depuis mon dernier album très autobiographique avec mon mariage avorté, Dans ma box , en 2009 j’ai embarqué dans la tournée-hommage aux années 90 de M6 et je suis partie quelques années plus tard. À l’étranger, je bosse toujours dans la musique mais plus dans l’ombre avec plein de musiciens et de chanteurs donc on va dire que je suis plutôt dans la production. C’est très sympa."

Et il n’y aura plus de single signé Laëticia Larusso ?

"Non, pas pour l’instant. L’envie m’est un peu passée… En pleine promo de mon dernier album, la mentalité du métier m’a un peu écœurée. En plus, maintenant avec les commentaires d’anonymes du Net, c’est à gerber."

À un moment, on n’a pas la pression après avoir vendu presque 2 millions d’exemplaires de Tu m’oublieras en 1999 ?

"Ce ne sont même pas des impératifs de ventes fixés par la maison de disque, c’est plutôt le jeu des médias donc si tout ce qui suit se vend moins, c’est tout de suite vu comme un flop. Deux millions d’exemplaires d’un single, ça ne se verra plus, c’est fini. Vendre 100 000 aujourd’hui, ce n’est pas négligeable mais si c’est toujours comparé au premier carton, on est fichu."

À l’époque, on vous mettait en rivalité avec Lââm…

"Oui, on nous mettait en compétition car arrivées au même moment et issues de la même maison de disques. Je ne sais pas pourquoi, c’est une copine ! C’est la plus cool et la plus fofolle de l’univers. Je l’adore car elle est vraie et authentique. Elle a galéré, ne se met pas de barrières et fait ce qu’elle aime. En plus, elle partage ce qu’elle entend et ce qui peut correspondre au flow et à la voix de quelqu’un qu’elle fréquente."

"Un fil me relie aux rappeurs actuels"

© reporters

Molenbeek-Saint-Jean mérite aussi d’être connue comme la ville de naissance d’un illustre rappeur ayant récolté un succès massif avec Vous êtes fous ! en 1989 : Benny B.

Biberonné à James Brown et Michaël Jackson, le chanteur de 47 ans - se partageant aujourd’hui entre la France et Marrakech - avoue être surnommé "le grand-père de tous les rappeurs". "Je suis le premier à avoir fait l’Olympia et une vingtaine d’artistes m’ont cité en exemple. Je ne pense pas être le pionnier mais un des pionniers du rap francophone." Ni feu de paille, ni phénomène de mode de deux ans, le rap est depuis resté et continue de susciter le buzz.

Mais Benny B - de son vrai nom Abdel Hamid Gharbaoui - fait partie d’une "race" disparue, celle des rappeurs qui dansent ! Le concert Stars 90 a été l’occasion de revivre les shows de fin des 80’s, époque où le hip-hop (belge de surcroît) avait pris son envol. "Aujourd’hui, je continue de monter sur scène mais c’est la crise partout donc les bookers et promoteurs ont des tarifs préférentiels. J’ai aussi la chance d’être auteur de mes textes et donc d’être rémunéré pour cela. Je continue de faire des sons maisVous êtes fous ! restera toujours aussi, c’est devenu un classique qui fait de l’ombre à tout ce que je fais." Et en pleine vague techno-euro dance, Benny B se dit encore plus fier de toujours l’interpréter ! "Je ne me compare pas aux rappeurs d’aujourd’hui, un fil nous relie."