Il suffit de prononcer son nom ou de l’écrire pour que les pieds se mettent à battre la mesure et les hanches commencent à se dandiner. Depuis son succès avec les Fugees, Lauryn Hill compte dans le milieu musical. Il y a eu l’album The Score porté par les singles "Killing Me Softly, "Fu-Gee-La" et "Ready Or Not" et vendu à plus de 6 millions d’exemplaires.


Puis, dans la foulée, ce Miseducation Of Lauryn Hill commercialisé à l’été 1998 sous son propre nom. Un disque devenu culte qui lui a valu quelques records, dont 10 nominations aux Grammy Awards et 5 trophées remportés, du jamais-vu pour une femme en une soirée. Sans oublier les 12 millions de copies écoulées.

Mais depuis, c’est le silence radio. En tout cas sur le plan discographique, en dehors d’un live acoustique publié en 2002. Et quelques tournées pour le moins calamiteuses, la chanteuse se présentant trop régulièrement sur scène avec un retard des plus importants.


Lâchée par son label

Comment expliquer qu’un tel succès débouche sur… rien ou presque ? Lauryn Hill s’en est expliquée dans un podcast à écouter sur Amazon Music à la suite du classement de son album dans les 500 plus grands disques de l’histoire dressé par le magazine Rolling Stone.

Aujourd’hui âgée de 45 ans, elle dénonce une cabale orchestrée à son encontre que ne renierait pas le plus complotiste des complotistes. Elle dit avoir été instrumentalisée : "Les gens m’ont inclus dans leurs propres récits de leurs succès en ce qui concerne mon album, et si cela contredisait mon expérience, j’étais considérée comme un ennemi."

Dans son collimateur figure son label. "Le truc dingue c’est que personne de mon label ne m’a jamais appelé ou demandé comment ils pouvaient m’aider pour que je fasse un nouvel album. Jamais, jamais. J’ai dit jamais ? Jamais !" Et elle ajoute : "Avec The Miseducation", il n’y avait pas de précédent. J’étais, en grande majorité, libre d’explorer, d’expérimenter et d’exprimer. Après The Miseducation, il y a eu des dizaines d’obstructionnistes tentaculaires, de politique, de plannings réprimants, d’attentes irréalistes et de saboteurs partout."