Un fonds de relance vient d'être lancé par la Sabam et Playright pour aider les musiciens fragilisés suite à la crise sanitaire.

"On vit une drôle de période". Comme le souligne Jean-Luc Fonck, ces derniers mois ont été compliqués, surtout pour le monde de la musique, touché de plein fouet par la crise sanitaire. Plus de concerts, plus de tournées, plus de projections pour les artistes. Pour tenter de réanimer le secteur, un fonds de relance vient d’être mis en place pour soutenir les musiciens belges de manière concrète et durable. "Il ne faut pas que les projets soient retardés ou annulés à cause de la situation. S’il y a une possibilité d'aider ceux-ci, c'est l'idéal évidemment. Ce fond doit s'adresser aux artistes qui en ont besoin, ce n'est pas pour moi bien sûr! Il faut soutenir les projets à venir. Le secteur va redémarrer mais il faut faire en sorte qu'il redémarre au plus vite et au mieux", assure le leader de Sttellla, l’un des ambassadeurs de cette initiative, aux côtés de Sam Bettens de K’s Choice et Jasper Steverlinck d’Arid.

Lancé par la Sabam et Playright, société de gestion collective des artistes-interprètes, en collaboration avec le FACIR (Fédération des Auteurs Compositeurs et Interprètes Réunis) et le GALM (Genootschap Artiesten Lichte Muziek), le "Belgian Music Fund" s’adresse à tous les artistes, tous genres musicaux confondus, fragilisés depuis l’arrêt brutal du live. "Les concerts représentent la majorité des revenus pour les artistes. Ils ont donc très peu de perspectives, puisque si le live s'arrête, tout ce qu'il se passe avant s'arrête aussi. Les sorties d'albums ont été mises au placard en attendant de voir comment les choses allaient se dérouler", note Pierre Dumoulin, membre du groupe Roscoe et administrateur à la Sabam.

Tant que les concerts ne pourront pas reprendre pleinement, les artistes devront continuer d’avancer dans le noir. "Tout le travail de création d'un artiste est prévu pour se terminer sur scène et tant que cela n'est pas établi, il est très compliqué de se projeter. En plus de cela, tous les artistes qui devaient sortir ou finaliser leur album peuvent enfin retourner en studio. Beaucoup de projets ont été reportés à plus tard, on va se retrouver avec un effet d'entonnoir gigantesque car pendant ce temps-là, d'autres artistes ont commencé à créer et vont vouloir présenter leur nouveau matériel aussi. Il va y avoir un gros embouteillage à la sortie de la crise. On est clairement sur une résolution sur du moyen, voire sur du long terme", note l’auteur-compositeur du titre "City Lights" de Blanche.

Le musicien insiste sur le fait qu’il s’agit bien d’un fonds de relance et non d’un fonds d’urgence. Une aide qui s’installera durablement pour épauler les artistes dans tous les secteurs de la création musicale, tant pour les répétitions, la production, les enregistrements, la publication que pour la promotion de leur musique. Si la Sabam et Playright ont prévu un fonds de roulement, les deux sociétés comptent aussi sur la solidarité des différents membres du secteur pour alimenter cette initiative administrée par la Fondation Roi Baudoin.

"Les jeunes artistes vont devoir affronter l'inconnu, personne ne sait de quoi seront fait les prochains mois" affirme l’interprète de "Torremolinos". "En attendant, il faut quand même répéter, faire en sorte que des projets se mettent en place. Tout le monde peut être frileux, ça, je le comprends bien. Mais s'il y en a bien qui ne doivent pas l'être, ce sont les artistes. Il faut les aider à se réchauffer!".