Jasper Steverlinck reprend David Bowie, Elton John ou encore Bob Dylan sur un premier CD qui marie pop et classique

BRUXELLES Voici un an et demi, Jasper Steverlinck, chanteur du groupe belge Arid, se retrouvait numéro un des ventes de singles avec Life on mars, une relecture poignante du classique de David Bowie. Profitant d'un congé sabbatique que les membres d'Arid se sont accordé, Jasper a enregistré un album solo entier de covers. Dans Songs of innocence, il remet au goût du jour We fall in love sometimes d'Elton John, It must be love de Madness, The river knows des Doors, le Life on mars de Bowie ou encore Make you feel love, une chanson peu connue de Bob Dylan. Rencontre...

Possédez-vous beaucoup de disques de reprises dans votre discothèque?

«La reprise est un exercice auquel tous les chanteurs rêvent d'être confrontés. Nick Cave, David Bowie, Bryan Ferry ont tous enregistré des albums de reprises. Mais pour être honnête, ce que je préfère, ce sont les disques d'un groupe sur lesquels, entre deux chansons originales, on découvre une cover . C'est toujours intéressant d'écouter une adaptation de George Michael par Limp Bizkit ou les Pixies remis au goût du jour par Bowie.»

Quelle a été votre réaction quand votre adaptation de Life on mars de David Bowie a été numéro un à l'Ultratop, le classement officiel des ventes de singles?

«Une surprise totale! On m'avait demandé de participer à la bande originale d'un film flamand sur la jeunesse. J'ai été associé aux frères Kolacny (NdlR: Scala) et nous avons choisi cette chanson de Bowie. Ce n'était pas un projet solo. Le morceau est sorti en single et il a fait un malheur. C'était la première fois que je travaillais avec d'autres musiciens que ceux d'Arid. Cette expérience m'a donné envie d'aller plus loin. Depuis que je suis dans Arid, je savais que j'allais faire quelque chose en solo. Mais c'est la rencontre avec les frères Kolacny qui m'a poussé à faire un disque de reprises.»

Nulle part dans le livret du disque, vous ne mentionnez les auteurs de ces chansons. Ce n'est pas très honnête...

«Je sais (rires). Légalement, il ne faut mettre que le nom des éditeurs. C'est ce que nous avons fait. Mon modèle a été le disque de reprises de Nick Cave, Kicking against the priest. Il ne mettait pas non plus les noms des auteurs. Je trouve que c'est plus intéressant. Pour moi, une chanson, c'est fait pour être chantée. J'ai choisi ces morceaux pour ce qu'ils représentent et pas seulement pour leurs auteurs. Cela dit, j'éprouve la plus grande admiration pour David Bowie, Bob Dylan ou les Doors. Mais, par contre, je ne me considère pas comme un grand fan de Madness, même si j'adore leur version de It must be love

Et les membres d'Arid, vous les retrouvez quand?

«Aucune date n'a été fixée. Arid, c'est quatre personnalités qui doivent mettre leur ego en veilleuse pour le bien du groupe. Quand on a travaillé ensemble pendant plusieurs années, il faut savoir prendre l'air. Personnellement, je voulais faire un disque qui marie les chansons pop avec de la musique classique. Les autres membres du groupe ont tous des projets de leur côté. Steve, le batteur d'Arid, a joué sur mon disque solo. On se voit, on se parle, on prend des nouvelles.»

Vous êtes programmé à la fois au festival de Werchter et à Werchter Classic. C'est rare pour un artiste!

«Le public de TW Classic est plus âgé que celui du festival de Werchter. Avec un disque de reprises, je peux toucher plusieurs catégories d'âge. Mais pour moi, c'est la même chose. Je sais qu'il y aura beaucoup de monde à ces deux manifestations et qu'il faudra assurer.»

Jasper Steverlinck, Songs of innocence (PiaS).

© La Dernière Heure 2004