Même Jacques Brel aura été perturbé par la crise du coronavirus. 

La Fondation Brel avait préparé, pour le 27 mars, la sortie d’un coffret triple Blu-Ray avec des versions remastérisées des enregistrements de deux spectacles et, sur le troisième disque, le document Brel parle (une interview filmée le 8 juillet 1971 à Knokke). Comme beaucoup de projets, celui-ci a été repoussé, du fait des circonstances. Mais ça y est ! Le coffret arrive dans le commerce, sous trois formes. Triple Blu-Ray, triple DVD ou double CD avec les deux spectacles.

Le premier est celui qui fut capté par la RTB en 1963 au Casino de Knokke. Les conditions techniques étaient très difficiles. Il manque au moins deux chansons du spectacle dont "Ne me quitte pas ", interprétée avec trop peu de lumières pour les caméras de l’époque. En outre, le début de la première chanson, "Bruxell es" , a dû être raboté de quelques phrases parce que l’ingénieur du son avait… oublié de brancher son micro. Il a donc fallu faire avec ce qu’on avait. Mais ce qu’on avait, c’était Brel sur scène. Un document !

L’autre disque, ce sont les adieux de Brel à l’Olympia, en octobre 1966. En trois ans, la technologie avait fait d’énormes progrès. Infiniment plus encore depuis. France Brel, la fille du chanteur, a fait remastériser complètement ces deux documents avec les techniques les plus modernes : "Vous allez voir des expressions de Brel sur scène que personne n’a vues, même si vous étiez au premier rang à l’Olympia ! Les gros plans montrent qu’il lui arrivait de chanter les yeux fermés, tant il était dans l’intériorisation de ses personnages. Il oublie les 2 000 personnes pour donner la priorité à ce qu’il a à dire."

En octobre 2018, la Fondation avait inauguré un nouvel espace avec un Ciné-Brel de 19 sièges qui projette ses films et ses concerts. Or précisément, ces deux-ci constituaient les scoops de cette salle de cinéma. France Brel ne s’en soucie guère : des scoops, elle en prépare d’autres : "Nous travaillons sur 13 courts-métrages de 20 minutes, avec des documents où la vie de Jacques Brel est racontée par des gens qui l’ont connu." Au total, une cinquantaine de témoins. "Ces films ne pourront être vus que chez nous."