Le diamant du rap français

Musique

Karim Fadoul

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Le diamant du rap français
© PIRARD

Le concert sold out de Diam's à l'AB a fait mouche. Elle se reproduira en 2007 à Forest National

BRUXELLES Diam's voit de plus en plus grand. En Belgique, rien qu'à l'occasion de la sortie de son second album Dans ma bulle, elle a foulé la scène du Botanique fin 2005, avant l'un des chapiteaux de Couleur Café l'été dernier pour se retrouver, vendredi soir, dans l'enceinte de l'Ancienne Belgique pour un concert sold out. La tournée belge de la rappeuse des Ulis ne s'arrêtera pas là, elle sera à Forest National le 22 mars 2007.

Nous étions parmi son public lors de son passage à l'AB. Un public très familial qui regroupe les papas, les mamans et leurs progénitures qui connaissent par coeur les rafales de Mélanie, même les plus féroces. Malgré ces excès de paroles et ces prises de position engagées, on reste très loin de la sociologie des foules qui assistent aux déplacements des confrères mâles francophones, beaucoup plus nombreux sur la planète rap. Le répertoire de Diam's est d'abord fait de souffrances liées à un père absent ou à des relations amoureuses difficiles. Le bling-bling et l'image de la femme objet n'ont pas lieu de cité dans ses textes. C'est certainement ce qui fait que sa musique est appréciée par un plus grand public.

"Bienvenue dans ma bulle", lance Diam's depuis les coulisses à l'heure d'apparaître. Sa bulle, c'est un univers qu'on a appris à connaître avec la Boulette, le premier missile tiré par DJ Dimie retranché derrière une table de mixage en forme de transistor. Demandeuse de contacts, comme pour mieux se rassurer, Diam's instaure l'interactivité entre chacun de ses morceaux, qui se baladent entre ses deux opus.

DJ, Suzy, Jeune Demoiselle (où le "calme de Zidane" devient le "coup de boule de Zidane") invitent à la déconne alors que Confessions nocturnes (chanté en présence de Vitaa), Feuille blanche, Car tu portes mon nom (accompagné d'un authentique piano à cordes) prennent les plus sensibles aux tripes. Derrière la grande gueule, la femme brute et brute, se cache une écorchée vive qui remercie sa maman de l'avoir élevée seule et ses fans de l'avoir tant soutenue. En Belgique, Diam's craque lorsqu'elle se rappelle qu'à Dour 2004, elle avait été expulsée de la scène par un public la huant. Deux ans plus tard, elle tient sa revanche.

Le discours de Diam's, formée à l'école NTM, Ideal J et 113, est également politique. Elle demande ainsi aux Belges de prendre conscience que l'obligation de vote, qui n'existe pas en France, est une véritable chance. Voter pour qui ? Certainement pas pour l'extrême droite. Sur nos terres, le refrain de Marine s'adapte et emmerde le Vlaams Belang.

Fourni, le concert de la rappeuse a duré plus de deux heures et est de bon augure en vue de sa prestation prévue à FN en mars prochain. Les places sont déjà en vente.



© La Dernière Heure 2006

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