Radio 4 confirme le vent de fraîcheur qui souffle à nouveau sur le rock new-yorkais. A l'AB le 4 décembre

BRUXELLES Un titre, Gotham!, qui sonne comme un slogan. Des photos jaunies qui montrent les structures métalliques du pont de Brooklyn, le réservoir à eau de Chinatown, des graffitis sur une porte d'un hangar, un escalier qui se perd on ne sait où...

Le livret de la pochette du nouvel album de Radio 4 parle de lui- même. Basé à Brooklyn, ce jeune quintette punk-rock aime sa ville et surtout ses quartiers les plus underground. En activité depuis trois ans, Radio 4 confirme, après The Strokes ou avant les Yeah Yeah Yeahs! (album prévu pour début 2003), qu'un vent de fraîcheur souffle sur la scène new-yorkaise. Doté d'un son vintage, Gotham! séduit par son groove, ses riffs simples, sa rythmique qui avale avec volupté les influences reggae, dub et funk ainsi que par ses fréquentes réminiscences Clash, Gang Of Four ou The Jam.

`Ma jeunesse a été bercée par Clash qui était vraiment très populaire aux Etats-Unis à l'époque de l'album Combat rock´, se souvient Anthony Roman, bassiste et chanteur de Radio 4. `Une autre influence majeure du groupe est le funk des années septante. Par contre, ce n'est que récemment que j'ai découvert Gang Of Four.´

Anthony n'a pas dû aller loin pour écouter Gang Of Four à qui Radio 4 est souvent comparé. Il est propriétaire de Something Else, un magasin de disques à Brooklyn qui propose nouveautés et vinyles de seconde main. `Je vends du punk/rock, du reggae, du dub et beaucoup de funk bien sûr. Ma clientèle est assez hétéroclite. Il y a beaucoup de jeunes du coin qui traînent dans ma boutique mais aussi des gars qui viennent des beaux quartiers de Manhattan pour venir compléter leur collection.´

Comme le veut souvent la légende, c'est dans une cave que l'histoire de Radio 4 a débuté. `J'ai commencé à jouer de la basse avec un ami guitariste, Tommy Williams. Le batteur Greg Collins nous a rejoints et on a sorti un premier album sur un petit label. Le disque n'a eu aucun succès. On a ensuite été signé par le label City Slang (NdlR: Calexico, Notwist, Sebadoh, Boss Hog) sur lequel on a sorti Gotham!, un disque dont pratiquement toutes les chansons parlent de New York. On l'a enregistré avant les attentats. Dans plusieurs textes, notamment sur Our town ou Save your city, on dénonçait la politique de Guiliani qui avait fermé plusieurs clubs. Heureusement, les choses ont changé. C'est comme si, après le 11 septembre, les New-Yorkais avaient ressenti le besoin de faire à nouveau la fête et de redécouvrir leur ville.´`Assez curieusement, l'Europe a réagi très favorablement à la sortie de notre album. On est plus connus à Paris, en Angleterre ou en Belgique que dans le reste des Etats-Unis. C'est pareil pour les Strokes ou les White Stripes. Chez vous, ils sont énormes alors qu'aux States, leur notoriété est limitée aux grandes villes et aux campus universitaires.´

Radio 4, Gotham! (City Slang, Virgin). Le 4 décembre à l'Ancienne Belgique (02/548.24.24).

© La Dernière Heure 2002