Le journal intime du leader de Nirvana

Musique

Luc Lorfèvre

Publié le

Le journal intime du leader de Nirvana
© Geffen
Kurt Cobain vu par Kurt Cobain. Entre lucidité, humour et beaucoup de désespoir...

BRUXELLES Même s'il n'abrite qu'un seul titre inédit, le récent Greatest hits de Nirvana est entré à la seconde place du Bilboard, le classement des ventes d'albums aux Etats-Unis. Soit presqu'aussi bien que Nevermind, l'album mythique du combo grunge de Seattle, qui avait décroché la première place des charts au nez et à la barbe de Michael Jackson, en 1991. Preuve que huit ans après le suicide de son leader, Nirvana suscite toujours passion et intérêt.

Mais au-delà de cette collection imparable et intemporelle de chansons brûlantes, c'est en librairie que Kurt Cobain fait l'actualité avec la publication de son journal. Cobain aurait laissé une vingtaine de carnets intimes dans lesquels il couchait ses notes de travail, ses réflexions sur la musique et le show-business, ses esquisses de chansons, ses réflexions sur le monde extérieur dans lequel il avait du mal à évoluer. Ses inquiétudes aussi... Le tout accompagné de dessins et de listes (ses meilleurs disques, ses groupes favoris,...).

La traduction française du Journal de Kurt Cobain a été confiée à notre consoeur Laurence Romance, journaliste française spécialiste, comme elle se plaît à le souligner, `de tout ce qui fait du bruit´. Laurence avait rencontré Nirvana pour Libé et pour un reportage télé diffusé sur M 6.

`Lorsque je me suis attaquée à la traduction de ces carnets, j'ai été étonnée par la lucidité de Cobain. Ces manuscrits n'étaient pas destinés à être publiés. Or, Kurt y fait preuve de beaucoup d'honnêteté, d'humour, de dérision et de franchise, hormis peut-être sur ses problèmes de dépendance à la drogue. Il justifie souvent ses abus de substances par les maux d'estomac dont il souffrait. Il n'y a qu'un passage où il décrit avec une très belle métaphore sa lente mais inexorable dépendance.´

La retranscription de ces carnets intimes montre que la priorité des priorités de Kurt était la musique. `Il évoque très peu les autres membres du groupe et parle à peine de Courtney Love, même si je me doute que celle-ci a sans doute élagué certains passages de ce journal avant d'en autoriser la publication. Kurt Cobain se sentait dans une impasse après le succès de l'album Nevermind. Il s'étonnait de ne plus être aussi enthousiaste qu'à ses débuts. Il avait aussi peur de perdre sa crédibilité de punk/rocker. D'un autre côté, il se foutait du cirque médiatique. Il se concentrait toujours sur le groupe. Le Journal reproduit ainsi les synopsis très précis et les dessins des clips de Nirvana qu'il préparait. Quand il parle de musique, celle de Nirvana ou de ses groupes préférés, on sent qu'il ne triche jamais et qu'il reste passionné même si ses réflexions sur la gloire sont pleines de contradictions.´

Le Journal de Kurt Cobain, traduction de Laurence Romance (Oh! éditions).

© La Dernière Heure 2002

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