Le livre où Salvatore Adamo dit tout

Propos recueillis par Eddy Przybylski Publié le - Mis à jour le

Musique Amélie, sa fille «pas si cachée que ça»

BRUXELLES Récemment, dans l'émission Le fabuleux destin de France3, pour faire une surprise à Salvatore Adamo, tous ses frères et ses soeurs ont chanté en choeur un air italien que leur maman fredonnait souvent. Puis, une jeune femme de 23 ans est arrivée parmi eux et elle a chanté, elle aussi, en italien. Remarquablement.

Elle s'appelle Amélie Adamo. Elle est la fille de Salvatore qui n'en revenait pas: «Tu as attendu qu'il y ait des millions de téléspectateurs pour me dire que tu avais envie de chanter...»

Les fans de Salvatore savent qu'il est le papa de deux fils, Antony, 34 ans, et Benjamin, 23 ans. Beaucoup ignoraient l'existence d'Amélie.

Aux éditions Luc Pire, Thierry Coljon publie une biographie, Adamo, c'est sa vie où il évoque cette fille cachée: «Pas si cachée que ça! D'abord, elle porte son nom. Il s'en est toujours occupé. Quand des journalistes lui demandaient combien il avait d'enfants, il n'a jamais menti: deux garçons et une fille. Mais, par respect envers Nicole, son épouse, il est toujours resté très discret. Moi-même, je l'ignorais quand j'ai commencé à travailler sur ce livre. J'ai rencontré beaucoup de ses amis proches qui ne m'en ont pas parlé. Puis, petit à petit, j'ai su. Et j'étais fort ennuyé. Je ne voulais pas tomber dans le côté ragots et, par ailleurs, je ne préparais pas une hagiographie. Pour pouvoir bavarder longuement avec Salvatore, je l'ai accompagné en Sicile et c'est au bord de la piscine que je lui ai posé la question. Il m'a raconté. Il n'a jamais menti sur cette question. Simplement, il a vécu quelque chose que tout homme peut vivre dans sa vie. Ce n'était pas une relation glauque, entre deux avions. Ce fut une belle histoire dont un enfant est né. Il a assumé son rôle de père. On présente Salvatore comme un homme gentil et lisse. Gentil, il l'est. Lisse, non. C'est un homme très profond, qui a eu beaucoup de drames dans sa vie et qui porte ses fêlures. C'est ça aussi qui fait son charme. La mère d'Amélie est une comédienne qui fut sa partenaire dans le film qu'il avait réalisé, L'île aux coquelicots. Que je n'ai pas vu et que personne ne verra, car Salvatore ne ressortira jamais ce film: par respect envers Nicole.»

Il remplit les salles

A la vérité, l'épisode Amélie n'occupe qu'une page dans le livre. La formidable carrière de Salvatore est, avant tout, le centre du sujet. Thierry Coljon: «Salvatore est arrivé, à l'époque des Beatles et des yé-yé, avec des chansons tellement différentes. Il ramenait la java et le tango qui avaient eu tant de succès chez les aînés, mais avec des textes qui touchaient les adolescents. Tout le monde s'est retrouvé en Salvatore.»

Qui fut, malgré la concurrence de Johnny Hallyday et de Claude François, le numéro 1 de l'époque. «Ce qui s'est passé ensuite? Après le succès de Inch Allah, il n'a plus écrit de bluettes. Il a composé des mélodies plus structurées, avec des textes plus profonds. Son public a eu du mal à admettre qu'il prenait de l'âge. Son dernier vrai succès populaire, C'est ma vie, date de 1975. Pourtant, Salvatore continue à remplir des salles. Rien qu'en France ou en Belgique, il donne une centaine de galas par an. Les salles sont pleines: j'en suis le témoin. Et, du Chili au Japon, il fait le tour du monde. Je trouve injuste qu'en quinze années, les Victoires de la Musique ne l'ont jamais honoré, jamais nominé même. Comme s'il n'existait plus.»

Thierry Coljon, Adamo, c'est sa vie, Editions Luc Pire.

© La Dernière Heure 2003

Propos recueillis par Eddy Przybylski