La rappeuse et chanteuse américaine a répandu son énergie et ses hymnes à l’acceptation de soi lors de cette dernière journée brabançonne.

Le phénomène Lizzo a déferlé sur le site de Werchter. Malgré la fatigue et la chaleur, l’américaine de 31 ans a relevé le défi de faire danser le public, en tout début de l’après-midi. Mélissa Vivianne Jefferson en est déjà à son troisième album, "Cuz I Love You", sorti en mai dernier. Une petite bombe de tubes hip-hop et r’n’b qui lui vaut un énorme battage médiatique aux Etats-Unis et qui commence doucement en Europe.

L'art sous toutes ses formes

La rappeuse monte scène à 13h pile, vêtue en rose fluo, du justaucorps moulant au maquillage. Lizzo veut montrer ses formes voluptueuses et combattre les diktats de l’apparence. Elle entame son set avec la chanson Cuz I Love You où elle utilise toute l’amplitude de sa voix chaude aux accents soul, et enchaîne avec Worship Me, issu de son deuxième album, dans lequel elle ajoute quelques phrasés du classique Respect d’Aretha Franklin. Un choix qui coule de source tant sa voix ressemble à celle de la reine de la soul.

Après quelques "Hallelujah" et "Amen" lancés au public, ses danseuses, les Big Grrrls, débarquent et le show commence vraiment. La chanteuse venue de Détroit aime parler et balancer des "bitch" à tout bout de champ. On sent que certains curieux venus par hasard sont quelques peu décontenancés par ce franc-parler, que l’on pourrait prendre pour de la vulgarité. C’est évidemment mal connaitre le personnage, empli de bienveillance.

Un vrai cours de Zumba en live

Sur le titre Boys, elle fait danser, chanter les spectateurs venus en nombre. Son concert ressemble parfois à un cours de fitness ou de zumba, voire même, à un séminaire motivationnel. Lizzo demande au public de répéter "Je suis ma propre âme sœur" ou "Je suis magnifique et je peux faire ce que je veux" avant de faire faire quelques exercices de respiration. L’artiste, qui a collaboré avec Prince sur le titre Boytrouble, aime se lancer des fleurs et se faire mousser. Elle est extravagante et légèrement excessive, mais tout cela fait partie de son charme.

La championne de twerk termine son set de 40 minutes par l’entraînant Juice pendant lequel elle descend quelques gorgées de tequila avant de s’emparer d’une flûte traversière, instrument qu’elle pratique depuis l’âge de 10 ans. Avis aux dépressifs : un concert de Lizzo équivaut à une bonne dose d’empowerment, et tout le monde en redemande.