Le musicien américain a expérimenté le son des guitares rock et précursé la distorsion

COPENHAGUE Le guitariste américain Link Wray, un des pionniers du rock, est décédé début novembre à l’âge de 76 ans à Copenhague où il résidait depuis plusieurs années, a-t-on appris mardi sur son site officiel. Il s’est éteint le 5 novembre et a été inhumé dans l’intimité, selon le souhait de ses proches, vendredi dernier à l’église protestante Christians Kirke dans la capitale danoise.

Né le 2 mai 1929 à Dunn, en Caroline du Nord, de mère indienne de la tribu des Shawnee, il a appris à l’âge de 8 ans à jouer de la guitare grâce à un afro-américain, Hambone, qui voyageait avec le cirque Barnum and Bailey. Guitariste sauvage et rebelle qui a inspiré nombre de ses pairs, dont Pete Townsend des Who, il est connu pour son grand succès instrumental «Rumble », qu’il a composé et joué en 1958, et qui deviendra un des classiques du rock.

«Rumble » avait été interdit d’antenne au début par plusieurs radios américaines car incitant, selon elles, à la violence. Il a été le premier musicien à expérimenter les sons qui ouvriront la voie aux styles rock and roll et punk. Son image de «dur » en blouson de cuir, surnommé «The Man in Black », avait fait de lui une sorte de James Dean du rock, un modèle pour nombre d’adolescents américains révoltés.

Dans les années 60, il va inspirer de nombreux jeunes musiciens de rock britanniques comme Pete Townsend qui confiera: «Il est le roi. Sans (...) +Rumble+, je n’aurais jamais appris à jouer de la guitare ». Sur la fin de sa vie Link Wray restait un admirateur de Neil Young, Bob Dylan, David Bowie et Bruce Springsteen avec lequel il a joué en 1988 à Copenhague.

Après plusieurs passages dans la capitale danoise il imite son ami, le guitariste américain Billy Cross, qui y résidait déjà, et s’y installe en 1980. Un an plus tôt il avait rencontré une étudiante danoise, Olive Julie Povlsen, avec laquelle il aura un enfant, Oliver Christian Wray, né en 1983. Actif en dépit de son âge, il avait fait une tournée en 2004 aux Etats-Unis où un critique enthousiaste l’avait comparé à «une légende aussi sûre que le Crazy Horse, une force de la nature telle une tornade, un prophète... ».