C'est si bon de chanter qu'Arielle Dombasle en a fait un nouvel album

BRUXELLES Un peu plus au Nord. C'est là, cette fois, qu'Arielle Dombasle est allée faire sa moisson de chansons. Au nord de l'Amérique, s'entend, puisque ce sont des standards des années 40 et 50, ceux-là mêmes sur lesquels dansait sa maman, qu'elle égrène de sa jolie voix dans C'est si bon . Si bon de chanter et de retrouver la scène où elle s'est épanouie comme jamais durant la tournée Amor amor . Avec déjà 100.000 exemplaires vendus, son nouvel album est parti pour suivre la voie royale. Qui a déjà fait un détour par Broadway où Arielle, elle le confesse, était dans ses petits souliers. "Je ne chantais pas avec mes musiciens mais avec un big band qui a joué avec Streisand, Sinatra. C'était magique, mais un peu stressant ", sourit-elle en grignotant du quatre-quarts. "Le swing d'après la guerre est une période qui m'enchante... J'avais ces chansons dans mes cartons. Vous savez, quand on a fait du classique longtemps, on a un énorme éventail de titres que l'on a envie d'interpréter. Judy Garland, les comédies musicales de Bernstein ou Gershwin. Mais il y avait aussi des chansons que je ne connaissais pas, comme I'm in the mood for love." Et qui est, à l'arrivée, l'une de ses préférées sur l'album.

Il y en a d'autres qui ont été, pour vous aussi, des découvertes ?

"Oui. Il y a Relax-ay-voo, qui est en fait un duo de Dean Martin et Line Renaud des années 50. Le métissage se faisait tellement bien, alors, entre les États-Unis et l'Europe. Paris fascinait. Gershwin a été C'est magnifique quand il était en France... "

Vous avez chanté ces chansons à Broadway. Un journal a dit que vous étiez plus parisienne que la tour Eiffel...

"C'est marrant, hein, parce que je suis américaine, née à New York et élevée au Mexique. Mais pour eux, je devais représenter la french touch. Ils ont une idée de la France, de l'art de vivre, de la beauté des femmes et des jardins. Et puis les parfums. "

Vous dites avoir la sensation, aujourd'hui, d'être vraiment vous. C'est grâce à la chanson, tout ça ?

"Oui, parce que les gens vous découvrent vraiment quand ils sont émus, en direct. Le chant est un vecteur de l'émotion. Lors de la tournée Amor amor, j'ai senti une vraie communication avec le public. "

Vous pensez avoir été mal comprise, au fil du temps ?

"Oui, mais je ne donnais pas beaucoup de clés. Je n'ai reçu en retour que ce que je méritais... "

700.000 exemplaires vendus d'Amor amor. Vous êtes la première surprise par ce qui vous arrive ?

"Oui ! On fait tellement de choses dans la vie, dont on ne sait pas comment elles seront accueillies. Mes premiers disques, déjà, Extase, Liberta, qui étaient du classique, avaient déjà été disques d'or. Ce n'était pas facile, pourtant. Il faut croire que le public aime ma voix... "

Sur votre album précédent, vous avouiez avoir une petite préférence pour As times goes by. Et là ?

"In the mood for love et Moi, je m'ennuie. Et Tico tico, parce qu'elle m'amuse beaucoup. C'est peut-être la plus latine, mais, en même temps, je l'ai chantée, comme les Andrew Sisters, en anglais. J'aime beaucoup ces trois filles des années 50 et leur camaraderie... "

Vous auriez aimé vivre à cette époque ?

"Le glamour de l'époque me plaît, mais je l'idéalise, sans doute. Je pense à la jeune fille qu'était ma mère, au New York élégant, au jazz, au swing, au cabaret. À cette manière que les gens avaient de danser , cheeck to cheeck, joue contre joue. Et ça, j'aime. J'aime vraiment ."

Arielle Dombasle, C'est si bon (Sony/BMG).



© La Dernière Heure 2006