Texas sort un Greatest Hits, enrichi de trois nouvelles chansons

BRUXELLES Sharleen Spiteri est assise à même la moquette de sa suite et s’apprête à déguster une soupe aux légumes qui l’attend, bouillante, sur une table basse. Alors que les autres membres de Texas se la coulent douce dans leur home sweet home écossais, elle assure toute seule le service promo du Greatest hits qui sort ce lundi. Nous ne nous en plaindrons pas.

Un Greatest hits répond souvent à une demande de la firme de disques. Avez-vous pris du plaisir en préparant cet album?

"En décidant de faire un Greatest hits plutôt qu’un Best of, je croyais que le travail allait être plus simple et qu’il suffisait de rassembler tous les singles de Texas qui ont cartonné dans les charts. Mais bien vite, nous avons souhaité inclure trois nouveaux morceaux et réenregistrer So in love with you dont nous n’aimions plus la production. C’est là que nous avons pris du plaisir."

Sur Guitar song, un des trois nouveaux morceaux, vous avez samplé l’intro de Je t’aime moi non plusde Serge Gainsbourg. Grande idée…

"Nous sommes heureux que sa famille ait accepté qu’on utilise cet extrait de Je t’aime moi non plus qui reste, selon moi, une des plus belles chansons jamais écrites. Serge Gainsbourg avait invité Texas lors d’un grand show télévisé français. J’appréciais énormément ses compositions et sa curiosité musicale. Par contre, je ne m’expliquais pas le succès qu’il avait auprès des femmes. Quand il m’a serré la main et m’a parlé avec sa voix douce, j’ai compris pourquoi. Peu d’hommes m’ont fait cet effet-là."

Vous souvenez-vous de la première fois où vous avez entendu une de vos chansons à la radio?

"Nous étions en route pour Manchester, pour un de nos premiers concerts en dehors de l’Ecosse, lorsque nous avons entendu I don’t want a lover sur l’autoradio. Le disque venait de sortir et on se demandait bien à qui il pouvait plaire. Cela nous a regonflé le moral pour le show que nous donnions le soir."

Quelle a été la période la plus difficile depuis les débuts du groupe, voici quinze ans?

"L’enregistrement de notre deuxième album Mother’s heaven. Pendant deux années, nous avions tourné dans le monde à la suite du succès de I don’t want a lover, Prayer for you et de l’album Southside. Nous n’étions pas prêts pour cette gloire. Qui peut l’être, du reste? On faisait tout ce qu’on nous demandait, comme des petits moutons bien naïfs. Lorsque la tournée s’est achevée, nous pensions enfin pouvoir souffler. Mais non, notre maison de disques nous a envoyés directement en studio pour enregistrer ce qui allait devenir Mother’s heaven. Il y avait de la tension avec des gens extérieurs à Texas qui donnaient tous leur avis. Il y avait des tensions entre nous. Des problèmes de drogue aussi. Ce fut très dur. Après Mother’s heaven<, j’ai enfin osé dire Fuck off quand on me demandait quelque chose que je ne voulais pas faire."

Et le meilleur moment?

"C’est aujourd’hui. Texas est toujours là. Notre public n’a cessé de s’élargir et nous avons encore plein de projets en tête. On pense déjà au prochain album. Je ne me suis jamais sentie aussi bien dans ma tête."

Des regrets?

"Aucun! Difficile d’en avoir lorsqu’on fait un métier de sa passion et quand on a vendu autant d’albums (NdlR: Texas a dépassé le cap des 15 millions d’exemplaires). Il y a eu des erreurs mais, dans ce genre de boulot, on appelle plutôt ça des leçons."

Quelle est la question qu’on vous a le plus souvent posée au cours de ces quinze années?

"Pourquoi avoir choisi le nom Texas?

Texas, The greatest hits.