Avant son concert aux Nuits Botanique, le combo de Liverpool fait l'objet d'un superbe coffret

BRUXELLES Formé en 1978 dans la grisaille de Liverpool, Echo & The Bunnymen a été l'un des rares groupes rock à pouvoir rivaliser dans les années quatre-vingt avec U 2, Simple Minds ou The Cure. Echo aurait pu connaître la gloire de U 2 ou celle, éteinte aujourd'hui, de Simple Minds et The Cure. La formation new wave a préféré mener une carrière en dents de scie, signer des chefs-d'oeuvre intemporels (Crocodiles en 1979 et surtout Ocean rain en 1984), enregistrer des albums insipides, suivre à la lettre les préceptes rock and roll (vivre jeune, vivre vite) et remonter des chemins de traverse sur lesquels même les fans inconditionnels se sont pris les pieds dans les racines.
Avec la mort de son batteur Pete De Freitas et ses rendez-vous manqués avec l'histoire (The killing moon aurait dû être un mégahit), Echo & The Bunnymen pourrait revendiquer le statut de groupe maudit. On lui préfère celui de formation culte, respectée autant par les mélomanes que par ses pairs. Kurt Cobain de Nirvana, Billy Corgan de The Smashing Pumpkins, les Fun Lovin Criminals qui ont invité Ian McCullogh sur disque ou encore Thom Yorke de Radiohead n'ont ainsi jamais cessé de chanter ses louanges.
Quelques mois après la sortie de son dernier et excellent opus studio, Flowers , sur lequel on ne retrouve plus que deux membres originaux, Ian McCulloch et Will Sergeant, et quelques semaines avant sa venue aux Nuits Botanique (le 19 septembre), le groupe fait l'objet d'un superbe coffret de quatre CD publié par Rhino.
Crystal days retrace la carrière du groupe en s'arrêtant essentiellement sur les singles, les faces B ou les versions longues des maxis. Les trois premiers CD suivent dans son ordre chronologique l'évolution du groupe. Outre les classiques Villiers terrace, Stars are stars, Crocodiles, The Killing Moon (reproduit ici dans sa version longue), on découvre aussi des morceaux plus rares, à l'instar de Monkeys , première chanson enregistrée en 1979 avec une boîte à rythmes qui allait donner le nom du groupe (Echo).
Le dernier CD contient, pour sa part, de nombreuses reprises et des titres live captés lors d'une tournée scandinave. L'occasion d'entendre des versions de Dylan (It's all over now, baby blue ), des Stones (Paint it back ), du Velvet Underground (Heroin) ou leur magnifique Zimbo (aussi connu sous le titre original de All my colours), interprété avec les Royal Burundi Drummers lors du premier festival Womad organisé par Peter Gabriel.
Le livret est superbe et est enrichi par les commentaires de Ian McCullogh et de Will Sergeant. A (re)découvrir d'urgence avant leur concert aux Nuits Botanique.

Echo & The Bunnymen, Crystal days (Rhino, Warner). Le 19 septembre aux Nuits Botanique (02/218.37.32).

A consulter:
E & B sur le Net