Contrairement à ce à quoi l’on pouvait s’attendre, Spotify et les autres plateformes souffrent du confinement. Les taux d’écoute sont parfois en chute libre.

Comme beaucoup de monde, les chanteurs et les groupes ont brutalement vu leur activité réduite à néant. Privés de concerts et de tournées, c’est leur gagne-pain qui s’est envolé puisque les ventes de disques ne rapportent plus comme par le passé. Et même si certaines sorties d’albums sont encore à l’ordre du jour, nombre d’entre elles ont été reportées et dans leur sillage les maigres revenus que pouvaient procurer les écoutes en streaming.

Conscientes de la situation, certaines plateformes ont décidé de faire un geste. C’est le cas de Bandcamp, une structure réputée plus transparente que la plupart des autres pour la rémunération des artistes. Elle a décidé de revoir à la baisse le pourcentage qu’elle perçoit sur les ventes digitales. Un geste qui en appelle d’autres aux yeux des musiciens. Dans une pétition lancée sur Internet, ils demandent au leader du secteur, Spotify, en guise de geste de solidarité, de tripler la rétribution accorder habituellement aux artistes écoutés sur sa plateforme et d’apporter une aide financière à Sweet Relief, une structure qui vient en aide aux groupes, chanteurs et autres acteurs de l’industrie musicale.

Dans le Guardian, Spotify déclare avoir pris la mesure de la situation et travailler sur des solutions pour épauler le secteur via un fonds d’aide, le MusiCares. La plateforme annonce aussi avoir ouvert ses publicités à des communications gouvernementales et d’organisations caritatives pour partager des informations, notamment à propos des mesures de sécurité liées à la pandémie. Par contre, point d’augmentation des revenus en vue pour les artistes, en tout cas dans la communication officielle. Pour eux, c’est la spirale infernale, la double peine même.

Moins 23% d'écoutes en Italie

Car contrairement à ce à quoi l’on pouvait s’attendre, le confinement ne pousse pas la population à écouter de la musique en ligne. Aussi étonnant que cela puisse paraître, les chiffres sont en repli, pour ne pas dire en chute libre dans certains pays confinés comme l’Italie. Moins 23 % a calculé le site Quartz ! Là où le top 200 des titres les plus écoutés enregistrait une moyenne de 18,3 millions d’écoutes par jour en février, il n’en comptabilise plus que 14,4 millions depuis le 9 mars, date d’entrée en vigueur du confinement total. L’addition est également lourde aux États-Unis, moins 13,3 %, en Espagne, moins 12,7 % et au Royaume Uni, moins 10,5 %. Elle est moins prononcée par contre en France où la baisse est de l’ordre de 2,5 %.

Quartz avance deux explications à cette désaffection. Il rappelle d’abord que les plus fortes consommations de streaming ont lieu les vendredi et samedi, lorsque les gens sont les plus susceptibles de sortir, ce qu’ils ne peuvent plus faire. Il pointe ensuite l’écoute qui se fait pendant les trajets effectués. Ceux-ci étant parfois réduits à leur plus simple expression dans les pays confinés, le déclin est inéluctable.