Les jeunes Anglais de The Rascals sortent leur 1er album, Rascalize. Sombre et entraînant

BRUXELLES Il faut que jeunesse se passe, dit-on. Alors, pardonnons aux deux fripons (traduit de l'anglais rascals) du band british - l'un d'eux manque à l'appel à Bruxelles - d'être peu réveillés, à 11 heures du matin. La nuit a été longue et instructive : la découverte de la Belgique passe par la dégustation de ses bières. De vrais rockeurs (à l'allure pourtant frêle), ces Rascals vus lors de cette édition de Pukkelpop. Avec une horde de filles à leurs pieds et tout ? Miles - chanteur et guitariste, déjà derrière le projet des The Last Shadows Puppets - seul en profite : "C'est notre Roméo."

Vrai band rock qui aime la bière ("elle a l'air plus nette que la bière anglaise"), oui, mais "pas du genre à toucher aux drogues, etc.", disent-ils, du haut de leurs 21 ans. Insouciants, Miles, Joe et Greg le sont. "On ne s'est jamais pris la tête sur comment faire marcher le groupe. On prend les bonnes choses qui se présentent à nous, et on en profite."

Ça, on l'a bien compris...

Derrière cette apparente nonchalance se cache - et il suffit d'écouter le disque pour le découvrir - un véritable talent. Une originalité musicale qui n'attend pas que les années passent pour se vouloir convaincante. Rascalize, le premier opus du groupe, est sombre, mystérieux. Pas trop nerveux, mélodieusement pop parfois et pessimiste, dans ses paroles. Rien de poli donc. "On n'a jamais voulu ça. Dans cinq albums, il se peut bien qu'on fasse quelque chose de totalement différent."

Le genre de musique qui pourrait servir parfaitement un film de David Lynch. "Oh oui, on imaginerait bien ça !"

Finalement, ces Rascals paraissent tout sauf des vauriens . Bien dans leurs baskets et pas arrogants pour un sou. Miles, pourtant membre de deux bands de qualité, s'en va d'un "ce n'est pas si incroyable que ça. Je crois juste que j'ai un bon manager pour pouvoir faire les deux !".

The Rascals, Rascalize (Deltasonic)



© La Dernière Heure 2008