Lenny public numéro 1

Musique

Propos recueillis par Luc Lorfèvre

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Lenny public numéro 1
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La rock star était de passage à Bruxelles en prélude à sa tournée mondiale. Entretien

BRUXELLES Né le 26 mai 1964 à New York, d'un père juif et blanc, producteur de télé, et d'une mère noire des Bahamas, actrice, Lenny Kravitz a fait ses débuts en tournant, môme, une pub pour la chaîne de fast food Burger King. Dans un mois, le 9 avril exactement, la star qui a déjà sorti 6 albums studio, et en a écoulé plus de 30 millions d'exemplaires, lancera sa nouvelle tournée mondiale à Hiroshima. Rencontre dans la suite d'un palace bruxellois...

`J'ai déjà joué à Hiroshima. C'est une ville très intense. L'atmosphère y est très lourde, même auprès de ceux qui n'ont pas connu la bombe atomique. Initialement, je souhaitais donner mon concert dans le parc de la Paix mais cela n'a pas été possible. La chose qui m'a le plus frappé lorsque j'ai visité pour la première fois Hiroshima, c'est le musée. On peut voir plusieurs montres ayant appartenu aux victimes. Leurs aiguilles indiquent toutes la même heure...´

Pouvez-vous comparer ce drame à celui vécu par les New-Yorkais le 11 septembre dernier?

`Le point commun de ces événements, c'est qu'ils ont été causés par des êtres humains et étaient donc parfaitement évitables. Sauf que l'être humain est complètement fou. On a tous à apprendre les uns des autres et on se fout sur la gueule...´

Après le 11 septembre, les radios américains ont boycotté plusieurs chansons. Votre titre, Fly away , en faisait partie. Réaction?

`C'est complètement stupide. Ils n'ont même pas écouté la chanson. Ils l'ont censurée uniquement parce qu'il y avait le mot voler dans le titre. Je ne parle même pas d'avion dans ce morceau.´

Comment avez-vous réagi aux attentats de New York?

`Mon premier réflexe a été de fuir cette ville. C'était impossible. Le matin du 11 septembre, je me trouvais dans un appartement, situé downtown. L'avion m'a réveillé. Je te mens pas, mec! L'appareil volait trop bas. Il s'est écrasé contre le WTC. Comme tout le monde, j'ai cru à un accident. Et puis, le deuxième avion est arrivé. Après, je pensais que c'était une bombe nucléaire qui allait nous tomber dessus.´

Les deux thèmes les plus récurrents de vos chansons sont l'amour et Dieu. En tant qu'artiste, pensez-vous pouvoir rendre les gens moins fous?

`Je peux apporter des bonnes vibrations. Un certain état d'esprit. C'est ce que la musique m'apporte à moi. J'ai toujours parlé de ces thèmes dans mes chansons. Mon premier disque s'intitulait Let love rule. C'est autobiographique. Je ressens de l'amour et c'est ce que j'ai envie de partager. Il n'y a pas d'autre message dans mes chansons. Il faut revenir à des choses simples. Pas tout vouloir compliquer. A l'origine, la musique était faite pour communier, pour communiquer, pour faire la fête, pour célébrer. Maintenant, tout est devenu un business.´

Vous-même, vous faites partie de ce business...

`Oui, c'est vrai. J'ai choisi de faire partie de ce business car j'aime trop la musique. Mais personne ne me dit quelle musique je dois faire. J'ai une totale liberté artistique. Une fois que le disque est sorti, c'est autre chose. Il y a beaucoup d'intérêts en jeu. Il n'est pas aisé de tout contrôler.´

Le 27 février dernier, vous avez reçu un Grammy Award pour la Meilleure performance rock masculine de l'année . C'est la quatrième fois que vous remportez cette récompense. Cela vous touche-t-il ou est-ce encore du business?

`Je ne vais pas cracher dans la soupe. Quand j'étais gosse et que je voyais Stevie Wonder ou Michael Jackson recevoir un Grammy, je rêvais d'être à leur place. Même si je sais que ce n'est qu'une récompense! J'ai mis les quatre Grammys sur mon bar, à côté de la bouteille de rhum.´

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