"Bienvenue à cette conférence de presse des premières -et je ne vais pas dire j’espère les dernières- Belgofolies, déclare d'emblée Charles Gardier, en réunion zoom ce jeudi matin. Il était impossible pour nous de ne pas être présent et de ne pas proposer des spectacles et concerts. On souhaitait être présents et particulièrement attentifs aux artistes de la Fédération Wallonie-Bruxelles.” 
Le patron des Francofolies de Spa faisant évidemment référence aux conditions de travail difficiles en cette période de déconfinement incertain et aux organisations ou manifestations de festivals cet été. “Nos dates n’étaient pas transposables au mois d’août pour avoir plus de facilité, analyse-t-il. En résumé, il y avait énormément de choses qui se déroulaient dans la région à toutes les dates. Ce qui est une bonne chose mais c’était impossible dans un laps de temps très court de réorganiser tout cela.” D’autant plus que “des incertitudes sur ce qui est possible restent toujours d’actualité mais on a décidé avec toute l’équipe de relever le défi de faire un festival sur 7 jours. Ça ne sera pas la grosse machine des Francos mais ça sera quand même ambitieux!”

Une affiche 100 % belge qui a parfois dû revoir son cachet à la baisse

Et pour cause, l’affiche de cette première édition des Belgofolies qui se tiendra du 19 au 25 juillet (début concert à 17h et fin à 23h pour que le public quitte les lieux à maximum 23h30) n’a pas à rougir. Avec notamment Plastic Bertrand, Typh Barrow, Loïc Nottet, Suarez, Saule, Glauque mais aussi Delta, Ykons, Blanche, Hooverphonic, Sharko ou encore les deux sensations de ce confinement : Charles et Doria D (programme complet ici). “On a un mix entre des têtes d’affiche et artistes qu’on attendait depuis 2019 et les artistes belges qui ont éclos. Aucun artiste n’est donc laissé sur le carreau et on se devait aussi de faire une place aux artistes émergents durant la pandémie.” 

Et Charles Gardier de conclure sur l’extrême motivation des artistes de venir jouer aux Belgofolies. "Ils sont tous prêts à s’adapter aux conditions et à faire des spectacles différents (car moins long, maximum une heure, NdlR.) et parfois à un prix différent. Car les jauges sont ce qu’elles sont !”

D’un festival en plein air à une jauge intérieure de maximum 800 personnes

“Ce fut un projet complexe à préparer car, au départ, on l’avait imaginé en plein air, explique Jean Steffens, co-directeur des Belgofolies. Mais avec les règles en vigueur, 2500 personnes sur la place de l’Hôtel de ville, par exemple, nous réduisaient à 1250 personnes, voire encore moins avec les sorties à prévoir. On s’est donc finalement tourné vers la salle des Fêtes et le théâtre du centre culturel. Ce qui est une situation unique car cela n’était pas prévu initialement. C’est la première fois en 25 ans que l’on doit réduire la capacité d’une salle, non seulement pour le public mais aussi pour nos invités et partenaires sans lesquels le festival ne peut exister. Une évolution particulière et pas facile à gérer. Mais on a préféré faire ça que de baisser les bras.” Bref, une démarche “volontariste, courageuse, même si un peu risquée.”

Et Charles Gardier de poursuivre sur la problématique des jauges des deux salles. “À l’heure actuelle, nous discutons d’une jauge à 800 personnes par soirée dans la Salle des Fêtes (capacité de 3300 personnes en temps normal, NdlR.) par bulles sociales de 2, 3 ou 4 personnes. Nous insistons pour qu’il n’y ait pas de bulles de 1 car sinon ce serait trop compliqué. Et nous suivons scrupuleusement les protocoles Covid d’application pour un événement organisé en intérieur durant le mois de juillet.” A savoir un public masqué, assis par bulle, avec distanciation sociale (un siège entre chaque bulle) et système d’aération contrôlée. “Si les règles sont un peu allégées d’ici là, nous en feront alors profiter le public.” Un public installé par bulle (dans son entièreté) et par ordre d’arrivée. Premier arrivé, premier installé aux premières loges donc.

Le concert-test d’Ykons ne sert pas pour les Belgofolies

Le concert-test au théâtre de Spa et tous ceux qui suivent n’ont rien à voir avec ceci, rappelle Charles Gardier, à la manœuvre de celui effectué avec Ykons en mai dernier au théâtre de Spa avec 220 personnes au lieu des 458 maximum disponibles. Ils apporteront juste des éléments scientifiques qui seront utilisés qu’en cas de rebond de la pandémie. Ces tests ne serviront uniquement qu’à cela. Pour pouvoir dire : “malgré cette remontée, on peut rester ouvert”.

Tarifs, billetterie uniquement en ligne et… buvette autorisée !

Pour son édition particulière, les Francofolies version belges se dote d’un site internet www.belgofolies.be et d’une billetterie -qui ouvrira dès ce lundi 21 juin- uniquement en ligne. En effet, pour obtenir votre précieux sésame, tout se fera uniquement sur réservation car pas de billetterie possible sur place. Si les organisateurs espèrent jouer “à bureaux fermés”, deux tarifs différents sont proposés au public en fonction des soirées qui proposent quatre artistes. 45 euros pour les soirées avec Typh Barrow, Hooverphonic et Loïc Nottet en tête d’affiche et 30 euros pour les autres. Et 10 euros pour les BelgoJuniors, les spectacles pour enfants (Les Babeluttes et Pic-Nic rendez-vous) qui se déroulent au Théâtre de Spa avec 200 personnes assises.

Une édition rentable malgré tout?  “Je ne sais pas si c’est le mot, nous confesse Charles Gardier. Mais on ne cherche pas à se mettre de façon supplémentaire en difficulté. Nous avons bâti ce programme et une édition avec le but de ne pas perdre de l’argent et d’en gagner un petit peu, si possible, en fonction de la billetterie. Mais il est certain qu’on n’est pas dans quelque chose qui nous permettra de dégager des sommes folles à la fin.”

Et ce, même si le bar est autorisé. Ce dernier sera installé sur la terrasse extérieure du Casino de Spa, “avec les règles liées au protocole horeca en vigueur", précisent les directeurs du festival. On a été prudents sur tout.” Bref, ces Belgofolies donnent des perspectives au secteur mais aussi aux festivaliers. “Et si un CoDeCo modifie les choses d’ici là, positivement ou négativement, on s’adaptera dans les deux sens, assure Charles Gardier. Avec nos dates, on se devait juste d’être dans le concret et de trouver une solution.”