Effusion de sueur et record d'affluence sur la plaine du Kiewit. Le festival risque bien de battre tous ses records d'affluence

Le pukkelpop en images

HASSELT Après une flamboyante prestation l'an dernier à Werchter, Metallica est complètement passé à côté de son sujet. Une mauvaise balance avec des guitares trop étouffées, un choix de setlist contestable avec l'album And Justice Fo All trop représenté par rapport aux autres, d'interminables blancs entre les chansons et un nouveau titre Cyanide insipide extrait brouillon de Death Magnetic , le prochain album du groupe attendu le 12 septembre, ont donné la forte impression que le groupe américain a peut-être trop tendance à se reposer sur ses lauriers. La réaction timorée des fans les plus assidus fut éloquente...

L'accueil réservé par la jeunesse limbourgeoise à Bloc Party le lendemain n'était d'ailleurs à nul point comparable. Et dire que les deux frères Dewaele devaient encore suivre... Stephen et David se sont, en effet, produits dans la Boilerroom sous l'effigie des 2manydjs avant d'occuper, une heure après leur premier set, la scène principale avec Soulwax cette fois.

En l'absence de noms ronflants à l'affiche de cette 23e édition du Pukkelpop, tous les espoirs des festivaliers, venus à près de 150.000 (record battu) cette année, ont cependant été comblés ce samedi, troisième et dernière journée du festival. La programmation, pourtant contestable, a réservé bon nombre d'excellentes surprises.

Il y a d'abord eu les Fuck Buttons. Dans le château, les Britanniques de Bristol n'ont pas manqué de brûler un chapiteau déjà ébouillanté par les effluves de chaleurs grâce à sa musique électro subtilement distillée. Au rayon plus métallique, Epica a démontré, si besoin en était, que les rumeurs qui avaient fait état du passage de sa chanteuse au sein de Nightwish pour remplacer Tarja étaient amplement justifiées. À côté de la scène Shelter, au Marquee, Anti-Flag, grâce à son rock déjanté, a ameuté les jeunes.

Jamais durant ces trois jours, le service de sécurité n'avait été autant mis à contribution pour aider les crowd-surfers à revenir les pieds sur terre. La cadence était soutenue et il fallait tout une science de la mobilité pour pouvoir s'extirper de la salle afin de rejoindre le château pour y apprécier la musique de Dan Le Sac vs Scroobius Pip. Les puissants rythmes d'electro-rock-hip-hop des deux Anglais ont fait trembler le plancher du Kiewit. Le public, conquis, ne savait plus où donner de la tête et des yeux vu les deux écrans qui diffusaient, en support aux titres bien construits, des clips aux couleurs psychédéliques.

De musique psyché, il en fut question dans un Marquee beaucoup trop exigu pour accueillir le public venu en masse pour apprécier la musique de MGMT. Les ex-The Management méritaient, plutôt cent fois qu'une, d'occuper la grande scène. Les retardataires avaient, une fois de plus, eu tort tant leur prestation fut, tout simplement, merveilleuse. La musique des Américains aux accents des seventies est tout simplement géniale et des titres comme Time To Pretend et Electric Feel s'inscrivent d'ores et déjà comme de véritables classiques.

Forcément plus boudés par la masse populaire puisqu'ils se produisaient en même temps (!?!) que MGMT sur la scène principale, les Manic Street Preachers ont, quant à eux, déjà franchi ce cap depuis longtemps. Leurs classiques (Design For Life, You Love Us ...) se sont enchaînés à un rythme endiablé au plus grand bonheur de fans gallois qui avaient spécialement effectué le déplacement dans le Limbourg pour soutenir leurs compatriotes.

Mais ce fut Bloc Party qui eut le plus de succès à l'applaudimètre. Après leur dernier hit Mercury dès leur entrée sur scène, les Anglais sont un peu remontés dans le temps avec les singles Hunting For Witches, Banquet, Two More Years ou autre So Here We Are qui ont déchaîné passions et cris stridents auprès des jeunes adolescentes en liesse et écrasées contre les barrières pour acclamer le chanteur charismatique, Kele Okereke, qui était descendu dans le public pour clôturer son show. Sigur Ròs et Soulwax n'avaient plus qu'à bien se tenir...



© La Dernière Heure 2008