Que ce soit sur scène ou en interview, Arno débarquait toujours avec son stock de blagues et de bons mots. Toujours les mêmes, c’est vrai, mais il s’amusait à les distiller et à voir les réactions du public ou de son interlocuteur. Et il partait dans un grand éclat de rire ou étouffait celui-ci avec un petit sourire malicieux.

  • “Deux bars ont fait faillite”

Volontiers moqueur, son humour était souvent noir, fait d’ironie, de (auto) dérision. En juillet 2020, quand il nous reçoit dans son antre du quartier Dansaert, à Bruxelles, L’Archiduc, il annonce la couleur : “J’ai pas bu depuis trois mois, mon foie était en grève. Bon, deux bars ont fait faillite.” Imparable…

  • “Crever dans une salle de bains, c’est un peu con, hein”

Dans son livre d’histoires à raconter, Arno avait aussi un immense stock d’images surréalistes, comme il se doit pour un vrai Belge. Ses chansons en sont truffées. “J’ai vu le zizizi à Jésus Christ, pas plus gros qu’une allumette, il lui sert pour faire pipi”, chante-t-il en 1988 dans “Le tango de la peau”. S’agissant de salle de bains, il dressait aussi ce constat : “Je vais crever sur scène, oui. Car crever dans une salle de bains, c’est un peu con, hein.” Il a tenu parole.

Sa poésie surréaliste atteint un sommet dans le merveilleux texte des “Yeux de ma mère” : “C’est elle qui sait comment j’suis nu/Mais quand je suis malade/Elle est la reine du suppositoire”.

  • “Une érection cérébrale”

Chacune des interviews télévisées d’Arno donnait lieu à un festival de répliques plus improbables les unes que les autres. On aime ou on n’aime pas mais rares sont ceux qui restaient indifférents face à aux mots du chanteur. Léa Salamé l’a constaté en 2015 lorsqu’il était l’invité de l’émission de Laurent Ruquier On n’est pas couché, sur France 2. Lorsque l’animatrice évoque son “bazar” (le nom qu’il avait donné à son sexe dans un entretien précédent), il lui répond : “On ne va pas rentrer dans les détails, hein. Moi, je suis né à cause d’un bazar”. Il a aussi concédé qu’un commentaire élogieux de Léa Salamé en début d’émission lui avait procuré une “érection cérébrale”.

  • “Je peux partir, je dois faire pipi ?”

En 1993, c’est sur le plateau du Cercle de Minuit de Michel Field (France 2) qu’il provoque l’hilarité. Alors qu’une invitée se perd dans des explications sur un sujet X, Arno se lève et dit : “Est-ce que je peux partir, je dois faire pipi ? À tout à l’heure…”

  • ”On est le cul dans le beurre, ici”

En 2016, alors candidat à la Maison-Blanche, Donald Trump s’en prend à la Belgique lors d’un entretien télévisé sur CNN. Il reproche à Bruxelles de ne pas avoir su intégrer les Musulmans “Allez à Bruxelles, allez à Paris […]. Quelque chose de mauvais est en train de se passer, là où ils veulent imposer la charia”, dit-il. “J’ai été à Bruxelles il y a une vingtaine d’années, tout était tellement beau. Maintenant, c’est comme vivre dans un trou à rats.” Arno prendra sa plume pour adresser un long courrier au futur président des États-Unis afin de défendre sa ville de cœur. Il lui lance : “Nous avons notre cul dans une énorme motte de beurre ici, mec”.

  • “Une vache donne du lait, pas du champagne”

S’il a joué dans une vingtaine de films, courts et longs métrages, Arno a aussi refusé beaucoup de scénarios. “Parce que je préfère partir en tournée. Et aussi parce qu’on me propose des trucs qui ne me correspondent pas. J’ai même refusé beaucoup d’argent pour ça”, expliquait-il, ponctuant sa phrase par ce constat qui laissait coi  : “Une vache donne du lait, pas du champagne”.

  • “Mireille Mathieu, elle a une tête de nœud”

En 2012, à l’occasion de la sortir de l’album Future Vintage, Arno était l’invité de Nostalgie. Lorsqu’il lui est demandé de citer quelque chose qui le fait marrer, il répond : “Mireille Mathieu”. “Je suis fan. Je rêve de faire un truc avec Mireille Mathieu mais elle a peur de moi. Je trouve que Mireille Mathieu, c’est le surréalisme français. Il a une coiffure comme une bite mais je trouve ça formidable. Cette femme ne change pas, je la connais depuis que j’étais petit. Je suis sérieux, je trouve que c’est une pièce d’art.”

Lors de cette même interview, toujours sur Nostalgie, le chanteur évoque sa carrière quand rien ne tournait rond. “C’était dans les années 80. J’avais un canari qui chantait la Brabançonne comme tu ne peux pas l’imaginer. Il a eu une dépression. À un moment, il a porté ses couilles au-dessus de ses yeux. […] Il a perdu toutes ses plumes et il est crevé…”