Le voile commence à se lever sur l’annulation des deux derniers concerts de la tournée de l’Amiral.

Qu’est-il arrivé à Michel Polnareff pour qu’il annule les deux derniers concerts qu’il devait donner cette année ? Officiellement, il a contracté une embolie pulmonaire. Mais officieusement ? C’est ce que veut savoir le producteur de la tournée du chanteur. Et son acharnement à savoir si l’artiste était vraiment incapable d’honorer ces deux rendez-vous avec son public se comprend mieux depuis qu’il a reconnu ne pas avoir contracté d’assurances pour les dates en question. "Prendre l’assurance ou ne pas la prendre, c’est un choix de gestion" , a déclaré Gilbert Coullier sur l’antenne d’Europe1 mardi matin. "J’ai pris une assurance pour Bercy mais j’ai décidé de ne pas en prendre pour la tournée compte tenu du prix des primes et [des clauses] d’exclusion. Ça se fait souvent parce que quelques fois, des artistes ne sont pas assurables." Dans les pages du Parisien , il ajoute : "En tournée, si on a une annulation, on peut toujours avoir la possibilité de reporter à une autre date dans le planning."

En ne prenant pas d’assurance pour couvrir d’éventuelles annulations, Gilbert Coullier a tout de même pris d’énormes risques financiers. Ce ne sont pas moins de 450.000 euros qui sont en jeu selon le producteur lui-même qui se dit prêt à assumer ses responsabilités : "À partir du moment où je ne prends pas d’assurance, je prends le risque d’avoir une annulation et de la payer." À une condition précise-t-il dans le quotidien français : que le chanteur était bien malade aux dates concernées. C’est pourquoi il demande d’avoir accès au dossier médical de l’artiste.

D’autres cas

Les annulations de concerts ne sont pas rares, encore moins lorsque les artistes concernés sont âgés. Cet été, William Sheller, 70 ans, a été contraint d’annuler plusieurs dates pour des raisons de santé. Certains ayant brûlé la chandelle par les deux bouts ne sont même plus assurables. C’est le cas en ce moment de Renaud, a affirmé Gilbert Coullier sur Europe 1.

Dans certains cas cependant, même si l’artiste est en bonne santé, une annulation peut avoir lieu et être couverte par les assurances. C’est ce qui s’est passé en novembre 2015 avec Johnny Hallyday. Il n’a pas pu honorer la deuxième date programmée au Palais 12 en raison du niveau d’alerte maximal à Bruxelles décidé après les attentats du 13 novembre à Paris. Et si les organisateurs n’ont annoncé que tardivement l’annulation de ce concert - le matin même -, c’est parce qu’ils voulaient être certains d’être couverts par les assurances. Ils l’ont été à partir du moment où ils ont reçu une injonction de l’Ocam, l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace, et du ministère de l’Intérieur leur interdisant d’organiser la manifestation.

Si le chanteur ou le producteur du spectacle avait de sa propre initiative renoncé au spectacle, c’était à lui d’en assurer les coûts, les assurances n’étant pas tenues de jouer.