Musique

Pas facile de se lancer dans l’arène le premier. Mais sous les rayons de soleil, des festivaliers qui s’agglutinent au fur et à mesure des minutes et une ville en effervescence pour ce premier jour de fête de la chanson française, Oli F. a su donner le tempo de la 20e édition des Francofolies de Spa. 

A savoir 45 minutes de mélancolies pop au son de sa guitare rock et de sa voix à la «Pierre Rapsat». Le musicien belge poursuit ainsi son petit bout de chemin vers la route du pop-rock français. Du rock carré mais solide, des chansons dures mais un peu prévisibles par moment. Avec pour apothéose le titre phare de son dernier album «Gris», un touchant duo avec Sabrina Klinkenberg sur le morceau «Mourir à Berlin». 

Son petit rituel avant de monter sur scène ? «J’emmène toujours ma petite figurine Taz de Tex Avery, avec sa guitare. Il me suit depuis le début (sourires)». Energique et en rock attitude, Olivier Fivet -de son vrai nom- aime la scène et ça se voit. «C’est la quatrième fois que je joue ici mais je considère cette année comme mes premières Francofolies explique le musicien namurois. C’est la première fois que je joue dans le parc (N.DL.R. le village Francofou). Avant, il s’agissait de concerts satellites, à l’extérieur de la ville.  Aujourd’hui, je me retrouve sur une scène qui colle vraiment à ma musique».

Pourquoi cette scène colle mieux à votre univers ?

Ma musique a besoin d’une bonne énergie au niveau de la guitare et de la batterie et quand on joue sur une grande scène, cela donne la pleine mesure de l’énergie que l’on peut retrouver dans mes compositions. Tout se joue sur scène. C’est ce que je préfère dans la musique. Si je ne pouvais faire que cela, je le ferais.

Un vrai plaisir, aussi, de jouer dans son propre pays.

Non seulement dans son pays mais en plus, quand on chante en français en Belgique, les Francos, c’est la Mecque de la chanson française. S’il y a bien un endroit où on se doit d’être, c’est ici, à Spa.

Votre univers se veut 100 % guitare, pourquoi ?

Car il s’agit tout simplement du seul instrument que je maitrise totalement. C’est aussi l’instrument que je préfère lorsque je vais voir des concerts. J’écoute très peu d’électro par exemple. Ce qui m’attire et m’inspire sont les guitaristes comme U2, Daran (l’artiste dont il « se sent le plus proche aujourd’hui »), Calogero et toutes les chansons anglo-saxones. Ces artistes qui ont des sons particuliers. La guitare amène un côté rock indéniable. Je ne peux pas concevoir de faire du rock sans cet instrument. Même si je ne fais pas du rock pur et dur, j’aime les sonorités que l’on peut aller chercher dans une guitare électrique.

La musique serait-elle un rêve de gosse ?

Depuis adolescent en tous cas. J’ai commencé à faire de la guitare quand j’avais 15 ans (N.DL.R. il en a 41 aujourd’hui). J’ai deux frères ainés donc à 10, 12 ans j’écoutais déjà de la ‘new wave’, comme Machiavel ou Pierre Rapsat. J’ai donc très vite été baigné dans le monde musical. Ceci dit, je suis le seul des trois à avoir terminé musicien (sourires).

Ceci dit aussi, vous êtes professeur d’anglais à temps plein !

(rires) Oui, un prof d’anglais qui chante en français. Ca parait bizarre mais c’est logique. Au niveau de la sensibilité de mes textes, il était normal d’écrire en français. Et c’est d’ailleurs souvent plus travaillé dans cette langue. Je ne fais pas de la poésie pour autant mais je me sens plus à l’aise ainsi. J’ai déjà réalisé des reprises en anglais mais au niveau de la composition pure, je privilégie le français.

Un nouvel album plus «Gris». Oli F. serait-il exigeant ?

Il faut toujours se dire que chaque morceau sera le meilleur. Faire une chanson, c’est facile. Un refrain, couplet, un petit solo et au revoir. Mais il faut surtout trouver du neuf. Pas faire quelque chose qui ressemble trop aux autres ni à ce qu’on a déjà fait. Du nouveau sans pour autant faire un virage à 180 degrés. Je resterai toujours dans la pop française mais avec une palette sonore différente. La preuve avec «Gris». Je voulais un titre court. Je cherchais un mot. Avec des textes mélancoliques mais aussi très heureux, Gris était ce qui se trouvait entre le blanc et le noir. Le contraste était donc tout trouvé. Gris n’est pas une couleur neutre mais la couleur musicale de cet album, située à mi chemin entre les deux.

La scène musicale est un milieu très difficile de nos jours… Qu’est-ce qui vous motive à poursuivre votre passion ?

La musique, c’est quelque chose dont je ne sais pas me passer. C’est du boulot, des tracas et de l’argent mais je ne pourrais pas faire autre chose. Je ne peux pas me passer du petit pourcent de plaisir par rapport au 99 % d’ennuis. Ma force, c’est mon public. Il est toujours au rendez-vous. C’est mon adrénaline.