Emmanuelle Seigner s'improvise chanteuse sur un premier disque avec Ultra Orange

BRUXELLES Si dernièrement c'est dans La môme qu'Emmanuelle Seigner, soeur de Mathilde et épouse de Roman Polanski, s'était illustrée dans le rôle d'une gentille fille de joie, c'est aujourd'hui derrière un micro et sur un disque qu'on la retrouve. Emmanuelle s'est associée avec Ultra Orange, groupe rock qui a vu le jour dans les années 90 et composé de Pierre Emery et Gil Lesage, pour pondre son premier album. L'actrice se défend du coup de pub et affirme que les choses se sont faites de la manière la plus naturelle possible. "J'ai rencontré Gil Lesage, alors qu'elle était styliste sur le film Backstage. Tout de suite est née à la fois une amitié sentimentale et artistique. On aimait les mêmes choses artistiquement. Elle me parlait souvent de son compagnon, Pierre Emery, avec qui elle formait Ultra Orange. Je ne connaissais pas ce groupe à l'époque. Un jour, elle m'a dit qu'ils aimeraient bien faire quelque chose avec moi. Moi, au début, je n'étais pas du tout sûre que je voulais faire de la musique. Elle m'a amené un CD avec trois titres qu'ils avaient composés et j'ai vraiment bien aimé les chansons. Il y avait un superstyle."

Et c'est là que vous avez eu envie d'enregistrer cet album...

"Oui. Des mois sont passés, on est parti faire un film à Majorque. Gil était avec moi : elle s'occupait du stylisme. La BBC m'avait loué une très grande maison là-bas, on a décidé de faire venir Pierre. Il a débarqué avec tout le matériel dans sa voiture. Comme je ne tournais que deux jours par semaine et qu'on avait cette maison à disposition, on s'est dit qu'on allait voir si on pouvait le faire... Et on a fait un, deux, trois titres et on a continué. C'était vraiment un rêve, c'était bizarre. Julian Schnabel avec qui je tournais nous a trouvé notre mixeur, qui a mixé deux albums de Lou Reed. On est partis à Nashville pour mixer l'album correctement, on l'a mastérisé à New York. C'était un rêve..."

C'est facile de passer d'actrice à chanteuse ?

"Oui, c'est la même chose. On joue toujours un rôle. Juste que quand on chante, on est plus proche de soi. En tout cas, le rôle que l'on fait, c'est nous qui le choisissons. Il n'y a personne pour nous dire : non, tu ne dois pas faire ça comme ça."

Vos références musicales sont Blondie, Nirvana, les Stones, ce n'est pourtant pas le rock que vous proposez. C'est plus doux...

"C'est doux mais le son est un peu sale. C'est ma voix qui amène ce côté un peu doux. Mais la production, elle, est râpeuse. Ce n'est pas un rock lisse."

Vous comptez arrêter le cinéma pour vous consacrer à la chanson ?

"Non, pas du tout. J'ai tourné dans un film qui va sortir au mois de mai, j'ai tourné dans La môme. Je n'ai jamais tourné beaucoup. Ça ne changera rien dans ma carrière. Bien au contraire : j'ai l'impression que ce disque donne envie aux gens de me faire tourner. Grand paradoxe."

Et vous expliquez ça comment ?

"Je n'en sais rien. Parce que les gens sont bêtes."

Vous ne tournez pas beaucoup. C'est un choix ?

"On ne me propose pas des choses qui m'excitent assez pour que je prenne trois mois de ma vie pour le faire..."

Vous remerciez votre mari, Roman Polanski. Quel a été son rôle dans la conception de l'album ?

"Il nous a vraiment soutenus. Quand je suis partie faire La môme, j'avais arrêté d'enregistrer et il m'a dit : oh il faudrait que tu finisses ces chansons que tu avais commencées. Il m'a beaucoup poussée, il pensait que ça valait la peine d'aller jusqu'au bout."

Emmanuelle et Ultra Orange (SonyBMG).



© La Dernière Heure 2007