Il restait une chance, une infime chance que Tomorrowland ait bel et bien lieu cet été. Jeudi dernier, les bourgmestres de Rumst et Boom où se déroule le festival de musique électronique avaient annoncé qu'ils n'autoriseraient pas celui-ci pour des raisons pratiques et sanitaires. Lundi, ils étaient convoqués en personne par le Ministre-Président flamand Jan Jambon, désireux de les faire changer d'avis, sans résultat. Coincés, les organisateurs de Tomorrowland restaient libres d'introduire une nouvelle demande d'autorisation ou de saisir le Conseil d'Etat en urgence sur la question. Deux scénarios à l'issue hautement hypothétique. Ce mercredi soir, au bout d'une saga éclair qui les a pris par surprise, ils ont donc officiellement décidé de jeter l'éponge.

"Le feu vert avait été donné par les gouvernements fédéral et flamand et de nombreux services déterminants, notamment les pompiers, les secouristes et les autorités médicales d’urgence" regrettaient les organisateurs dans un communiqué publié quelques minutes après cette annonce officielle. "Les modalités pratiques étaient claires, précises et gérables (...) Seuls les visiteurs totalement vaccinés étaient autorisés sur le festival. Seuls les visiteurs européens auraient été admis au festival et non ceux du monde entier. (...) Nous aurions accueilli environ 75% de belges et 25% d’européens, dont la grande majorité vient des pays limitrophes". "Compte tenu de notre longue coopération avec les municipalités, nous ne souhaitons pas en faire une bataille juridique" poursuivent les organisateurs du festival. "Contester la décision des maires auprès du Conseil d'État est une voie que nous ne voulons pas emprunter". Le bilan financier est évidemment lourd. Selon le festival, "une série de commandes de plus de 50 millions d'euros a été annulée auprès de nombreux grands fournisseurs belge".