De Mick Hucknall à Lionel Richie, la moyenne d’âge a grimpé, sur scène…

Il y a une grosse semaine, la plaine de Wechter était battue par la pluie et les festivaliers pataugeaient dans la boue. Les fans de Paul McCartney étaient au rendez-vous, pourtant, bravant une météo qui avait perdu la boule.

Dix petits jours plus tard, au lieu des coupe-vent, ce sont des petits tubes de crème solaire que les hôtesses distribuent. Et les tonnes de sable, déversées pour éponger l’eau du festival, donnent aujourd’hui des airs de plage au site flamand.

Pour le reste, on pourrait presque croire que les fans de l’ex-Beatles ne sont toujours pas partis, tant ceux du Boss leur ressemblent. Même âge, même nostalgie de ces grandes années du rock. Après tout, sept ans seulement séparent les deux hommes.

Sous un soleil franchement généreux, donc, les hostilités ont démarré à 13 heures tapantes avec les Britanniques de CC Smugglers, devant un public qui, à cette heure-là, pense surtout à manger et à prendre ses quartiers.

Dans la foulée, ce sont les Ostendais des Van Jets, qui sont ici chez eux, qui ont fait monter de quelques degrés la température. A grand renfort de riff énervés et de harangues à la foule, Johannes Verschaeve et sa bande ont décortiqué Welcome to strange paradise, leur dernier album, tout en revisitant des morceaux déjà classiques, pour le plus grand bonheur de leurs fans.

Le contraste avec la musique d’ambiance, diffusée sur la plaine juste après le concert n’en était que plus comique puisque les programmateurs avaient opté pour Et si tu n’existais pas, de Joe Dassin !

Réglé comme du papier à musique, le line up de TW Classic ne souffre d’aucun retard. Il est 15 h 45 précises quand Mick Hucknall et ses potes de Simply Red entrent en scène.

Toujours aussi rouquin, sa voix toujours aussi juste, le chanteur met un peu de temps à faire adhérer une plaine plongée dans la touffeur. Pourtant, le Big Love Tour est un savant mélange de nouvelles chansons et de tubes énormes des années 80 et 90. À new flame, Shine on, Holding back the years, Stars, The right thing et, en rappel , Money’s too tight et If you don’t know me by now finiront toutefois par mettre tout le monde d’accord.

Le temps d’un hamburger (à 4 tickets, soit 12 euros, du délire), le temps de se poser sur un petit coin de sable encore disponible et c’est déjà l’heure de Lionel Richie.

C’est dit, à TW Classic, cette année, les papys font de la résistance. Manifestement passé lui aussi entre les mains d’un chirurgien esthétique (le même que Mick ?), il s’étonne que la foule ne reprenne pas séance tenante Running with the night. Pourtant, il y met du cœur et beaucoup de transpiration. Peu à peu, pourtant, la mayonnaise prend et quand il est met au piano pour Easy, les couples s’embrassent, en souvenir, peut-être, de leur rencontre, il y a bien longtemps de cela.

L’erreur de casting de la journée viendra juste après, pour l’apéro. À la base, pourtant, on n’a rien contre Lana del Rey, jolie plante éclose à New York il y a 31 ans. Mais à l’heure de la digestion et quand on s’est pris trente degrés sur le crâne pendant des heures, normal, on a un petit coup de mou.

On en a d’ailleurs vu plus d’un écraser gentiment en attendant Springsteen, même si, à l’une ou deux reprises, la belle a fait chauffer les guitares.