John Squire en solo

Guitariste doué mais un rien fainéant, l'Anglais John Squire n'a jamais réussi à convaincre après la séparation des Stone Roses, le groupe mancunien qui l'a fait connaître au début des années nonante. Pas plus que son projet Seahorses, ce disque solo risque de marquer l'histoire du rock. Les compositions sont de bonne facture mais l'absence de vraies chansons porteuses et surtout une voix beaucoup trop morne ne parviennent jamais à faire la différence. On sauvera tout au plus quelques bonnes parties de guitare et, ça et là, un éclair sur des refrains qu'on aura, hélas, vite oublié. Finalement, le titre du disque donne la meilleure réponse à cette énième tentative de come-back. L.L.

John Squire, Time changes everything (Vital).

Les reprises d'Erasure

Le duo électronique composé de l'ancien Depeche Mode, Vince Clarke et de l'insupportable Andy Bell va se mettre à dos tous les fans de Peter Gabriel avec leur reprise catastrophique de Solsbury hill qui ouvre ce disque de covers. Las! Les choses ne s'arrangent pas par la suite avec des relectures pitoyables de You've lost that lovin'feelin' ou de Video killed the radio star. L.L.

Erasure, Other people's songs (PiaS).

COFFRET

Dominique A compilé

Sorti en décembre dernier, ce long box consacré à Dominique A est quelque peu passé inaperçu dans la masse des Best of et autres coffrets. Nous lui offrons d'autant plus volontiers une séance de rattrapage que le chanteur nantais fait partie de nos favoris. Pas comme représentant d'une hypothétique nouvelle chanson française dont certains ont voulu en faire le leader. Mais bien comme un artiste aux facettes multiples, chantant en français mais jouant comme le plus décalé des rockers anglo-saxons. En trois albums, la carrière (déjà dix ans!) de Dominique A est superbement retracée. Sans chronologie, avec ses morceaux les plus connus (son Twenty two bar interprété avec Françoiz Breut, En secret tiré de son dernier opus studio Auguri), ses reprises déroutantes (Chiqué chiqué de Christophe, Les enfants du Pirée de Dalida, Je t'ai toujours aimée de Polyphonic Size), ses essais, ses esquisses, ses collaborations. Bref, près de quatre heures de musique pour tracer une histoire qui ne fait que commencer... L.L.

Dominique A, Le détour, coffret long box de trois CD (Labels, Virgin).

© La Dernière Heure 2003